Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Août 2016
Pendant un instant de panique, vous ne parvenez pas à vous souvenir de la formule du charme... puis, ses paroles jaillissent dans votre esprit et saisi d'un calme étrange, vous les prononcez lentement d'une voix forte. Dans l'instant qui suit, de sourds craquements commencent à monter du plus profond de la montagne d'ossements qui se met à vibrer et osciller de la base au sommet. A peine avez-vous eu le temps de bondir jusqu'à un éperon de roc en saillie que le macabre barrage éclate sous la poussée des flots, libérant un torrent furieux qui fond vers la Citadelle dans un assourdissant rugissement liquide. Il happe Mortis dans sa course, roulant et déchiquetant son corps mêlé aux autres débris humains. Retournant vers la Citadelle, vous retrouvez le Gouverneur et sa mère sains et saufs à l'extérieur des douves. « J'ai pu libérer mon fils pendant que toute l'attention de notre ennemi était fixée ailleurs », vous explique-t-elle. Vous contemplez tous trois la Citadelle à nouveau entourée d'un cercle d'eau vive que les soldats Morts Vivants de Mortis ne peuvent franchir. Ils se rassemblent sur les remparts, fouillant désespérément les ombres de leurs yeux morts à la recherche de leur seigneur et maître disparu. Alors, un terrible et sourd gémissement s'élève dans la nuit, montant de mille gorges mortes vivantes et vous voyez des dizaines de torches s'illuminer les unes après les autres. Et soudain, vous voyez des volutes d'étincelles s'échapper des fenêtres de la grande tour est. « Ils mettent le feu à la Citadelle ! Vous exclamez-vous. Mais pourquoi diable font-ils ça ?» « Sans doute préfèrent-ils la destruction et le repos éternel aux tourments sans fin de leur état présent, murmure Braxis. Qui ne ferait le même choix ? » Vous demeurez tous trois silencieux, fascinés par le spectacle du gigantesque incendie qui ravage la Citadelle durant toute la nuit, baignant d'un éclat rouge sang les pentes des collines alentour. Au petit matin, il ne reste de la Citadelle de Brulesang que la carcasse de pierre noircie et fumante des remparts. C'est alors que vous assistez à un spectacle irréel, miraculeux : émergeant des cendres et des décombres, des centaines d'oiseaux blancs, des milliers, peut-être, prennent leur envol et s'élèvent avec grâce dans le ciel argenté de l'aurore. « Voyez ! Ce sont les âmes de tous ceux que Mortis avait changé en Morts Vivants, s'exclame Dame Iola. Louée soit la Déesse, sa destruction les a enfin délivrées ! »