Lecture des livres dont vous êtes le héros
13 Janvier 2013
Passant entre les colonnes de marbre, vous débouchez dans une cour entourée d'arcades sur trois de ses côtés, alors que le quatrième — qui vous fait face — est un escalier aux larges marches menant à la porte d'un bâtiment aux lignes aériennes ; d'après son architecture, ce ne peut être qu'un temple. Un jeune guerrier, le torse pris dans une lourde cuirasse, se traîne péniblement sur les marches. Entendant le bruit de vos pas, il se tourne vers vous : — Bienvenue au Sanctuaire, étranger, dit-il. Mais sache qu'ici on ne dégaine pas l'épée. A peine a-t-il prononcé ces mots qu'un moine revêtu d'une longue robe jaune sort du temple et se dirige vers lui dans le but évident de l'aider. Se penchant sur le jeune homme, il va le saisir par les épaules lorsque, soudain, un bruit de galop se fait entendre. Franchissant le portail, un cavalier à l'armure noire fait alors irruption dans la cour. Au grand galop, il escalade les marches du temple et, tirant son épée, il tranche net la tête du moine ! Le vacarme produit par l'arrivée du cavalier a alerté d'autres moines qui surgissent au haut des marches. L'un d'eux lève la main, tout en marmonnant une sorte de litanie ; une formule magique, à l'évidence, car à l'instant même le cheval se cabre, cherchant à désarçonner l'homme en armure noire. A ce moment précis, deux nouveaux cavaliers pénètrent à leur tour au grand galop dans la cour, semblables en tous points au premier qui continue à faire des efforts désespérés pour ne pas être jeté à bas de sa monture. Vous remarquez alors que tous trois sont équipés d'un bouclier frappé d'une épée d'argent pendue à un fil d'argent également. Sans hésiter, l'un des nouveaux venus se dirige vers le cheval qui se cabre toujours en poussant des hennissements aigus. Au vol, il en saisit les rênes et, non sans effort, parvient à le maîtriser. Tournant alors la tête vers le jeune homme, le premier cavalier commence à l'invectiver d'une voix où la colère se mêle à la frayeur. Car il paraît maintenant tout à fait impuissant devant lui. Enfin, remettant leurs chevaux au galop, les trois hommes disparaissent sous le portail. Les moines en profitent pour s'approcher de leur compagnon, dont ils emportent le cadavre à l'intérieur de l'édifice. S'appuyant sur l'épaule d'un autre moine, le jeune homme les a suivis, et a disparu derrière eux. Seules, les marches tachées de sang témoignent encore de l'incroyable scène qui vient de se dérouler sous vos yeux. Mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises car, avant que vous n'ayez pu reprendre vos esprits, un vieil homme courbé par les ans vient à son tour d'apparaître dans la cour. Il porte autour du cou un collier de cristal, qui oscille au rythme de sa démarche clopinante. S'arrêtant au bas des marches, il lève la tête vers le temple et se met à hurler :
— Je l'avais prédit ! Mais m'avez-vous écouté, moi qui sais lire l'avenir ? Non ! Croyez-vous que Béatan le Bienheureux soit maintenant satisfait, prêtres damnés ?...
Faisant alors brusquement demi-tour, il retraverse la cour de son pas traînant, et disparaît dans une petite chapelle de bois. Ainsi, le moine décapité était-il un dévot de Béatan... Vous savez peu de chose sur cette secte, sinon que ses adeptes veulent instaurer le paradis sur Orb en menant une vie de probité, et en ignorant toute loi entravant la liberté de l'esprit. Allons ! Il faut dorénavant prendre une décision.
Allez-vous pénétrer à la suite des moines dans le temple dédié à Béatan,
quitter ce lieu pour le moins inquiétant pour vous diriger vers l'arche d'obsidienne
ou essayer de retrouver le vieil homme qui affirme prédire l'avenir ?