Lecture des livres dont vous êtes le héros
11 Juin 2013
«Ça suffit ! hurle d'une voix de stentor le capitaine de la patrouille. Je vais conduire cet individu au poste de police en attendant que ses dires soient vérifiés. J'emporte le Katar comme pièce à conviction; l'arme sacrée sera rendue au temple dès que cette histoire aura été tirée au clair... Gardes ! Désarmez le suspect ! »
Le plus sage est de vous plier à cette décision ; vous n'êtes pas en position favorable pour faire éclater la vérité et l'aide éventuelle d'un notable comme le chef de police ne saurait vous nuire. Vous laissez deux soldats vous délester de vos affaires et c'est sous bonne escorte que l'on vous conduit au poste de police, une imposante construction en bois où des gardes armés de lances ne cessent d'aller et de venir. Au fond du couloir principal, le capitaine ouvre une porte et vous fait pénétrer dans le bureau de son supérieur, un homme juché derrière un bureau monumental qui vous toise avec mépris. Les sourcils froncés, le nez aquilin, les lèvres pincées, tout révèle en lui le petit nobliau imbu de ses fonctions. Vous craignez d'avoir commis une erreur car le chef de police paraît peu compréhensif. Le capitaine de la garde vous suit en refermant la porte derrière lui. Il dépose sur le bureau du magistrat vos armes, votre sac et surtout le Katar, puis chuchote quelques mots à l'oreille de son supérieur. L'incrédulité se lit sur le visage de celui-ci alors que le capitaine lui raconte les bizarres circonstances de votre arrestation. Mais lorsque l'occasion vous est enfin donnée d'exposer votre version des événements de la veille, vous comprenez qu'on ne croit pas un mot de ce que vous dites. Le chef de police ne vous laisse même pas achever votre récit.