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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Alertés par votre cri, une douzaine de gardes en armes débouchent de tous les côtés et vous encerclent. « C'est toi qui as appelé, étranger? Éructe le capitaine sous l'œil hargneux de ses hommes. Encore un meurtre, hein ? Alors, tu as tout vu ? Tu dois nous suivre au poste. Nous aviserons là-bas ! » Ce déploie­ment de forces vous déplaît souverainement mais vous ne pouvez plus sortir du guêpier dans lequel vous vous êtes fourré... Trop bien escorté à votre goût, vous traversez rapidement le Quartier des Affaires; commerçants et badauds vous regardent avec suspicion et chuchotent entre eux.

Au poste de police, une immense bâtisse en bois (comme la majorité des habitations de Kasi), on vous fait pénétrer dans une pièce déjà occupée par plusieurs personnes. « Reste un peu ici, vous dit le capitaine. Ton tour ne va pas tarder. Mais tu dois laisser tes affaires à l'entrée : telle est la loi ! N'aie crainte, personne n'osera te les voler. Tu les reprendras en partant... plus tard ! » Un refus signifierait sans nul doute la prison, aussi vous vous exécutez de mauvaise grâce. Soudain la porte se referme derrière vous et vous entendez distinctement qu'on la ver­rouille. Pourquoi donc vous enfermer pour un crime dont vous ignorez tout? A côté de vous, un homme se lamente sans trêve. «Pourvu que le juge arrive aujourd'hui... Plutôt avoir une main tranchée qu'être pendu pour un vulgaire vol à l'étalage... » L'inquiétude vous gagne, mais une rapide enquête auprès de ceux qui vous entourent confirme vos craintes. Vous voilà mêlé à des criminels qui attendent leur jugement. Malheureusement, le magistrat ne vient à Kasi qu'une fois par semaine pour rendre la justice ; les autres jours, tous les prévenus sont pendus sans autre forme de procès, afin d'éviter la surpopulation de la prison... Il doit y avoir une erreur ! Tambourinant sur la porte, vous exigez d'être libéré.

« Si tu crois qu'on a le temps de chercher les vrais coupables de tous les crimes, vous répond une voix derrière le judas grillagé, tu te trompes, étranger. Les festivités du Durga-Puja commen­cent demain et la police a d'autres chats à fouetter ! »

Hurlant, pestant et tempêtant, vous jurez d'être innocent, faisant valoir l'erreur judiciaire, fermement décidé à rencontrer le chef de police. Soudain, la porte s'ouvre violemment et le capitaine qui vous a arrêté, las de votre tapage, vous tire hors de la pièce. « C'est bon, c'est bon... Passe devant ! » Refermant sa poigne de fer sur votre bras, il vous pousse vers une autre porte. Le chef de police, perché derrière un bureau monumental, vous toise de son regard mépri­sant. Les sourcils froncés, le nez aquilin, les lèvres minces, la tunique bien ajustée et brodée de fil d'or, tout révèle en lui le petit nobliau imbu de ses fonctions. Vous allez devoir user de tous vos talents de persuasion pour le convaincre de votre bonne foi. Mais l'espoir renaît en vous, car vous apercevez votre épée et votre sac devant le fonctionnaire.

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