Lecture des livres dont vous êtes le héros
24 Février 2013
— Salut, l'étranger !
Relevant la tête, vous scrutez le visage de l'inconnu, un petit homme barbu et ventru qui vous tend une grosse chope de bière en ajoutant :
— Je suis le père de Titaoua.
Le jour se lève lorsque vous prenez congé de votre nouvel ami afin de prendre un repos de quelques heures dans l'une des chambres de l'auberge. Longue fut votre conversation, et nombreux furent les arguments que vous avez dû développer pour décourager Icnos de mettre son bras à votre service. L'homme a mis un certain temps à vous avouer sa pauvreté et les causes accidentelles de son infortune, un premier incendie qui avait ravagé son échoppe d'artisan menuisier.
— Comprenez-moi, disait-il, je ne suis pas comme ces mendiants de la Cour des Miracles. Je vivais autrefois dans le quartier des Comptoirs, et peu d'ateliers égalaient le mien. Hélas, l'incendie a tout détruit, et les économies si durement gagnées ont servi à payer les fournisseurs ! Après des années de travail, il me restait juste de quoi réinstaller comme bûcheron à la lisière d'Andaines.
Icnos ressentait si cruellement son incapacité à ne pouvoir vous offrir un présent digne de votre mérite qu'il s'est mis à pleurer, l'alcool aidant, quand vous avez refusé de l'engager à votre service.
— Comment pourrais-je encore me respecter si vous refusez mon offre ? J'ai installé ma femme et mon fils chez des parents. Je dois rebâtir ce que les flammes ont détruit.
En repensant au visage d'Icnos lorsque vous avez placé une pierre précieuse dans sa paume, vous éprouvez un sentiment étrange. Donner un objet précieux, à un inconnu de surcroît, n'est pas dans la nature d'un habitant de la Cité des Nuages. Tandis que vous vous assoupissez, vous mesurez combien, jour après jour, le monde de Dorgan modifie votre sensibilité d'enchanteur. Fin d'Exploration du quartier des Comptoirs. Rendez-vous à Sélartz.