Lecture des livres dont vous êtes le héros
11 Juillet 2013
Enfin, après tant d'années, vous tenez votre revanche. Domontor gît à vos pieds, mort. Son corps ne se réduit pas en poussière comme celui des Gardiens de Cauchemar, car, contrairement aux croyances de certains, il n'était pas une créature surnaturelle. Non, il était simplement un petit bonhomme retors et malfaisant. Maintenant que votre fureur est passée, il vous semble qu'il ne valait même pas la peine d'être tué. Vous avancez lentement vers la Statue, et vous la contemplez. Elle est d'une taille bien plus considérable que vous ne l'aviez imaginé, et comme elle doit peser près de deux tonnes, vous êtes perplexe : comment la transporter ? Après tout, peut-être vaut-il mieux la laisser là. Katak est un dieu oublié, il appartient à l'histoire, et souiller sa mémoire en profanant son temple serait un acte barbare, indigne d'un Chevalier de Palados. Vous regardez Katak droit dans les yeux, et vous lui exprimez vos sentiments à haute voix. Soudain, vous perdez l'équilibre et vous êtes emporté dans un tourbillon de couleurs et de lumière. La Statue, la caverne, tout disparaît, mais tandis que vous dérivez au milieu d'un kaléidoscope d'images, vous commencez à distinguer au loin, les contours de votre navire. Sa silhouette se fait plus précise, et vous avez l'impression de plonger vers lui. Dans un bref et violent éclair de lumière aveuglante, vous vous retrouvez sur le pont. Maintenant, vous n'entendez plus que le grincement familier des lames de bois. Les marins vous regardent, ahuris, les yeux exorbités, et vous éclatez de rire au spectacle irrésistible qu'ils offrent. Votre écuyer se précipite vers vous et s'incline avec respect : « Monseigneur ! Nous craignions que vous n'ayez péri. » Il lève les yeux, osant vous regarder, comme s'il doutait encore de votre présence, et il ajoute : « Et puis une grande merveille est arrivée que tous ont pu admirer. Une colonne de lumière brillante est descendue en spirale de cristal, là-bas, et quand elle a disparu, vous étiez là, debout parmi nous. Et ces objets aussi, Monseigneur... » Vous regardez ce qu'il désigne du doigt. Derrière vous, sur le pont, s'alignent une douzaine de grands coffres en argent, pleins à craquer de joyaux, d'orfèvreries, de bijoux d'or, et d'innombrables objets précieux.
Riant encore sous cape, vous répondez au jeune garçon encore tout tremblant : « C'est grâce à la magie du dieu Katak, que je suis revenu des entrailles de la terre. Et ce trésor est le don de ce dieu. Perplexe, votre écuyer s'éloigne, pour vous chercher du vin et préparer votre repas. Vous vous appuyez au bastingage. Le bois sent l'humidité, gorgé qu'il est par les trombes d'eau de l'orage. Le soleil est au couchant, sa demi-sphère rougeoyante baignant le ciel de traînées flamboyantes, et la rivière grisâtre devient une coulée d'or liquide. A l'est, un arc-en-ciel timide se déploie dans le ciel. « Parez à appareiller ! ordon-nez-vous aux marins. Nous rentrons à la maison. »