Lecture des livres dont vous êtes le héros
6 Avril 2013
— Elle ouvre les yeux, dit une voix en espagnol. Vous êtes allongée sur un lit, dans une pièce que vous ne connaissez pas, et trois personnes sont assises autour de vous: deux hommes et une femme. La femme a une quarantaine d'années, l'un des hommes également. L'autre est plus jeune, il doit avoir seize ou dix-sept ans. De toute évidence, ce sont des Mexicains.
— Que... Que se passe-t-il ?... bredouillez-vous.
— Ne vous inquiétez pas. Senora. répond la femme, vous êtes sauvée.
— Sauvée ?... De quoi ?... vous étonnez-vous. Vous ne vous souvenez plus de rien, en effet, votre tête est vide et vous avez l'impression d'émerger d'un grand trou noir.
— Vous avez failli mourir, Senora. intervient le plus âgé des deux hommes. Le soleil... Il était si fort que vous vous êtes évanouie.
— C'est moi qui vous ai ramenée ici. se hâte de préciser le jeune homme. Les vautours s'approchaient déjà de vous. Je vous ai aperçue, je vous ai hissée sur votre cheval et je l'ai conduit jusque chez nous.
La mémoire vous revient, à présent : la mine d'or, la chaleur, l'éclat du soleil qui faisait briller la montagne... Vous avez été victime d'une insolation : le désert et la fièvre de l'or ont eu raison de vous.
— On a bien cru que vous n'alliez jamais vous réveiller, reprend le jeune homme. Dans votre sommeil. vous parliez d'une mine d'or dans la montagne...
— On n'a jamais trouvé d'or par ici, Senora. poursuit l'homme plus âgé. Il y a bien un vieux fou qui prétendait avoir découvert une mine, mais il avait rêvé...
— Combien de temps ai-je dormi ? vous inquiétez- vous.
— Un jour et deux nuits, dit le jeune homme, et je vous ai veillée tout ce temps-là avec ma mère, ajoute-t-il en tournant la tête vers la femme. Vous étiez si belle, dans votre sommeil...
— Manuel ! Tiens-toi bien ! s'indigne la femme. Vous avez dormi un jour et deux nuits ! Cela signifie que vous avez perdu une journée entière à cause de cette maudite mine d'or !
— Quelle heure est-il ? demandez-vous aussitôt.
— Le soleil vient à peine de se lever, répond le jeune homme.
D'un mouvement brusque, vous vous redressez, mais la tête vous tourne : rien d'étonnant à cela, car votre insolation vous a fait perdre 6 points de FORCE ! Ah. si seulement vous vous étiez souvenue des paroles de Klayoka ? « Ne laisse jamais la cupidité envahir ton âme, vous avait-il dit, car, dans ce cas, le cheval te montrerait la mauvaise voie. » C'est ce qui s'est passé : le Cheval de Brume vous a fait payer cher votre soif de richesse ! Progressivement, cependant, vous parvenez à retrouver suffisamment de vigueur pour vous lever. Vos hôtes vous donnent alors à manger, mais vous êtes tellement affaiblie que ce repas ne vous permet pas de regagner le moindre point de FORCE. Vous allez pouvoir repartir, maintenant, mais tout d'abord, n'oubliez pas de mettre à jour votre calendrier! Votre cheval vous attend dehors et vous remontez en selle après avoir remercié les Mexicains.