Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

323

— Tramposa ! lance le Mexicain d'une voix sourde.

Vous n'avez aucune difficulté à comprendre les langues étrangères et vous savez donc que « tramposa » signifie : tricheuse !

— Que dis-tu, Pipo ? s'étonne Oliver. La demoiselle est une tricheuse ? Entends-tu, Stan ?

— J'ai entendu, Oliver. Mais de toute façon, pour moi, ça ne change rien : je perds toujours au poker...
Stan se gratte le sommet du crâne en souriant niaisement.

— D'ailleurs, ajoute-t-il, je n'ai jamais réussi à comprendre les règles.

Oliver pousse un profond soupir.

— Quel idiot tu fais, Stan ! dit-il en hochant la tête d'un air désolé.

— J'ai toujours été idiot, Oliver, réplique Stan, c'est pour ça que nous nous entendons si bien !

Si vous n'aviez affaire qu'à ces deux farfelus, vous pourriez sans doute vous tirer à votre avantage de cette situation. Malheureusement, le Mexicain semble beaucoup moins naïf et il est bien décidé à récupérer l'argent que vous vous êtes frauduleusement approprié.

— Tramposa ! répète-t-il en se levant d'un bond. Rends-nous l'argent !

— Pipo a raison, intervient alors Nimbly Jack, j'ai vu la demoiselle tricher. Elle s'est distribué les meilleures cartes et au tour d'avant, elle a pris discrètement dans le talon celles qui l'arrangeaient.

— Et c'est un connaisseur qui parle ! fait remarquer quelqu'un.

— Ouais. Pipo et Nimbly Jack ont raison ! L'étrangère est une tricheuse ! s'exclame un cow-boy. Une tricheuse, pour sûr! répètent plusieurs voix.

— Allez chercher le goudron et les plumes les gars, on va s'amuser un peu !

— Ouais, on va lui faire passer le goût du poker !

— Le poker, c'est pas pour les filles !

Vous voilà dans une situation tout à fait désagréable. Sans possibilité de fuir ni de résister, compte tenu du nombre de vos adversaires, vous n'avez plus qu'à accepter votre sort qui s'annonce peu enviable. On va en effet vous rouler dans le goudron, puis ensuite dans un tas de plumes. On vous promènera alors en ville, à cheval sur une barre de fer. Vous allez être malmenée, brutalisée, humiliée, bref, vous allez subir la rude loi de l'Ouest où la galanterie n'existe guère... A moins que...

— Personne ne touchera à cette jeune fille ! L'homme a parlé d'une voix calme, sans hausser le ton. Vous vous tournez vers lui : il est jeune, coiffe d'un Stetson blanc et vêtu d'une chemise jaune, d'un foulard rouge et d'un gilet noir. Une mèche de cheveux bruns qui dépasse de son chapeau lui donne un air juvénile qui contraste avec l'extraordinaire assurance dont il fait preuve. Lorsqu'il a parlé, tout le monde s'est tu et ceux qui s'apprêtaient à aller chercher le goudron et les plumes semblent avoir brusquement renoncé à leur projet.

— Elle a triché, c'est au shérif de s'en occuper, reprend le cow-boy au chapeau blanc.

— Ne t'énerve pas, Lucky, dit quelqu'un dans la salle, on voulait simplement s'offrir un peu de bon temps.

— Je ne m'énerve pas, réplique le cow-boy en se roulant une cigarette. Mais il y a d'autres manières de s'offrir du bon temps et celui qui touchera à cette jeune fille aura des embêtements, pour sûr.

Il s'approche alors de vous et vous prend par le bras.

— Venez, dit-il, on va chez le shérif. Il y a un tel ton d'autorité dans sa voix que vous ne songez même pas à discuter. Ce cow-boy est probablement le meilleur tireur de la région, peut-être même du pays, et vous avez l'intuition qu'un duel avec lui aurait tôt fait de vous mener six pieds sous terre ! Sans un mot, l'homme au chapeau blanc vous emmène au bureau du shérif. Celui-ci, apprenant que vous avez triché au jeu, vous condamne à un jour et deux nuits de prison. Vous vous retrouvez donc derrière les barreaux après avoir été délestée de tout l'argent que vous aviez gagné en trichant, plus vos deux mises successives, à titre d'amende. Au cours de la journée, il se peut que vous ayez poursuivi et rattrapé un jeune Mexicain qui vous avait volé de l'argent. Si tel est le cas, peut-être lui avez-vous donné, par compassion, quelques dollars ?

Si vous lui avez fait l'aumône d'au moins 3 dollars.

Si vous n'avez pas eu affaire à ce Mexicain, ou si vous lui avez donné moins de 3 dollars.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article