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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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D'entrée, l'homme a parlé de guerre ; c'est là un excellent moyen de l'émouvoir.

— Mes parents ? Ils sont morts, déclarez-vous d'un ton pathétique, la guerre les a tués.

Vous êtes une habile comédienne et vous parvenez à vous faire monter les larmes aux yeux ; vous offrez ainsi l'image de la solitude et de la fragilité et quiconque vous verrait en cet instant se mettrait en quatre pour vous être agréable. Votre ruse n'a rien de glorieux ; vous venez tout juste de mettre le pied à la surface de la Terre et déjà, vous vous conduisez à la manière des hommes : en usant de mensonge et d'artifice. La méthode est cependant efficace : l'inconnu vous regarde avec compassion ; de toute évidence, vous avez touché un point sensible.

— Ah, la guerre, soupire-t-il, elle est partout, elle déferle du nord au midi, de l'est à l'ouest, elle fait rage depuis tant et tant d'années qu'elle pourrait bien durer cent ans. La guerre, moi aussi, je l'ai faite, poursuit-il, l'air accablé, vingt années de guerre au service du Royaume de France, vingt années de fer et de sang, vingt blessures, une par an, et sans doute davantage. Aujourd'hui, enfin, me voici de retour chez moi, en quête d'un peu de tranquillité, et crois-moi, je n'ai plus qu'une envie : me débarrasser de mes armes, ne plus les voir, jamais. Mon épée a trop «ouvent ruisselé du sang de mes ennemis, je ne veux plus tuer, plus jamais. Aussi, garde-la, garde également mon poignard et ma cotte de mailles. Après tout, ils te seront peut-être utiles, qui sait ? On voit de nos jours des choses bien étranges, pourquoi pas une jouvencelle maniant l'épée ? Voilà encore une réflexion qui vous paraît d'une grande sottise, mais vous décidez de ne pas y prêter attention et vous continuez d'afficher sur votre visage une expression propre à inspirer la pitié.

— Allons, ne sois pas si triste, reprend l'homme, Eudes le Doux t'a donné ce que tu voulais, n'es-tu pas contente ?

— Eudes le Doux ? répétez-vous d'un ton interrogateur.

C'est mon nom. Eudes le Doux, au service du Roi de France. Mais dis-moi, puisque tes parents sont morts, n'as-tu pas d'autre famille ? Ou des amis?

L'homme vous a donné ses armes : voilà déjà un résultat appréciable. Mais peut-être pourrez-vous obtenir davantage ?

Si vous souhaitez lui parler de Gayok le Preux.

Si vous préférez ne rien lui dire du Messager du Temps, de peur de Commettre un impair.

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