Lecture des livres dont vous êtes le héros
11 Février 2013
- M. Holmes, commencez-vous, avez-vous quelque chose, dans vos archives, sur le colonel Sylvester ? Si j'en savais plus long sur son compte, il me serait peut-être plus facile de découvrir qui l'a tué et pourquoi. Holmes opine du bonnet.
- J'ai classé quelques notes le concernant, ainsi que des coupures de presse, explique-t-il, car j'avais l'impression que c'était le genre d'homme suscep-tible d'intéresser un jour ou l'autre ma profession. Mais je le voyais plutôt dans le rôle du criminel que dans celui de la victime, ajoute-t-il d'un ton un peu morose.
Vous lisez avidement ces documents. Il semble que Sylvester ait quitté l'armée en état de disgrâce, mais Holmes ne connaît pas les circonstances exactes. De retour en Angleterre, il s'était lancé dans diverses spéculations portant sur les tissus, les spiritueux et le bois d'œuvre. Plusieurs articles mentionnent sa réputation d'intransigeance et d'indélicatesse. Il lui arrivait souvent de frôler l'illégalité, et il semblait prendre un plaisir particulier à ruiner ses concurrents, tant Anglais qu'étrangers. C'était notamment le cas d'un Français, naguère propriétaire d'une très grosse fortune, qui n'exploitait plus qu'une toute petite affaire de vins et alcools.
- Ce n'est pas le seul, ajoute Holmes. Il en a acculé beaucoup d'autres à la faillite de la même manière que ce Français, Pierre Armand.
Watson lève les yeux, surpris.
- Pierre Armand, Holmes ? demande-t-il. D'après cet article, il est censé être à Londres, à l'hôtel Royal William, près des docks.
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