Lecture des livres dont vous êtes le héros
19 Février 2013
Une nuit et une matinée se sont écoulées depuis votre arrivée à Fenga et, bien qu'il vous arrive encore de demander votre chemin à un passant, vous n'hésitez plus désormais à quitter les environs de l'unique pont de la cité : un pont de bois basculant, long d'une centaine de mètres, baissé le jour et levé la nuit, qui enjambe le fleuve Koth et sépare les deux grands quartiers de la ville. De temps en temps, des passants, intrigués par votre taille, vous montrent du doigt. Mais les Fenganis (ainsi se nomment les habitants de Fenga) vous semblent jouir d'une bonne nature. Leur cité vit dans une atmosphère de foire permanente, et vous avez eu l'occasion d'engager la conversation à maintes reprises, dans la rue ou autour d'une pinte de bière, sans jamais avoir le sentiment d'être considéré comme une bête curieuse. Bien que vous ne parveniez pas à comprendre ce qui peut pousser les hommes à bâtir des maisons plutôt que de creuser des trous douillets, Fenga possède un certain charme... à condition cependant de ne jamais évoquer le saisissant contraste qui oppose la Ville Basse et ses larges avenues bordées de riches demeures, à la Ville Haute et son port aux ruelles étroites qui s'étend loin à l'est, jusqu'à l'embouchure du Turiban, l'estuaire où le Koth se jette dans la Grande Mer. Dès qu'il est question de la séparation des deux quartiers de Fenga par le Ponte-Sirth, les Fenganis se montrent susceptibles.