Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Février 2013
Attention aux marches, elles sont très glissantes. L'éclat de votre torche se reflète dans le voile d'humidité dont tout est recouvert autour de vous. En vérité, les murs ruissellent, parcourus de mille filets d'eau. L'odeur de l'humidité est pénétrante. Vous parvenez néanmoins sans encombre au bas des marches et vous vous retrouvez dans un nouveau couloir beaucoup plus large que tous les précédents. Plus court aussi. Au bout de quinze mètres tout au plus (et quinze mètres spécialement mouillés) vous émergez dans une vaste caverne que semble remplir presque en totalité un grand lac. La lumière de votre torche se perd dans les profondeurs de cette caverne, si bien qu'hormis une étroite zone éclairée autour de vous et les reflets fugitifs de cristaux naturels sur les parois rocheuses, tout est sombre et sinistre. Il règne un calme et un silence absolus. Vous pouvez entendre votre cœur battre (peut-être parce qu'il bat un peu plus fort que d'habitude). Puis, comme vous vous demandez ce que vous pourriez bien faire, vous entendez un bruit léger, un murmure :
Pip... Quelqu'un... quelque chose... a chuchoté
votre nom.
Pip... Vous regardez autour de vous et votre cœur se met à battre plus vite. Avec les échos qui se répercutent sur toutes les parois de la caverne, impossible de déceler l'origine de ce chuchotis.
Pip... La voix est caverneuse, inquiète comme celle d'une âme perdue qui gémit dans le néant.
Pip... Filons d'ici !
C’est E.J. ! C'est cette stupide épée parlante qui marmonne dans son fourreau.
Tais-toi, E.J., dites-vous d'un ton ferme. Nous n'allons nulle part.
Mais je n'aime pas du tout cet endroit, proteste E.J. Il y fait noir. Ça doit grouiller d'Araignées.
Il n'y a pas la moindre Araignée, dites-vous pour rassurer E.J., bien qu'en vérité vous n'en sachiez rien. N'empêche que vous n'allez pas battre en retraite et prendre la poudre d'escampette sous prétexte que votre épée fait des complexes.
Bon. Eh bien, ne t'en prends pas à moi si on à des ennuis, rechigne E.J.
Et comme si ces mots s'inspiraient d'une prophétie, un petit point de lumière bleue apparaît au loin, de l'autre côté du lac. Un point de lumière qui se rapproche rapidement. Vous restez pétrifié, fasciné, tandis qu'E.J. frissonne dans son fourreau. L'instant d'après, la lumière a suffisamment grossi pour vous permettre de distinguer les contours d'un bateau qui glisse en silence, sans voiles ni rames, à la surface lisse du lac. Doucement, sans un bruit, le bateau accoste à la rive où vous vous tenez. Encore une fois, à vous de choisir.
S'il vous reste un sou de bon sens, choisissez une autre direction.