Lecture des livres dont vous êtes le héros
31 Mars 2013
— Et Bastien Frontouillard, qui est-ce ? demandez- vous à votre interlocuteur.
Celui-ci vous désigne l'un des hommes qui travaillent autour du ballon.
— Je dois à tout prix m'entretenir avec lui, déclarez- vous d'un ton ferme.
Je crains que pour le moment, cela ne soit pas possible, répond le domestique. Vous allez devoir employer des arguments plus convaincants. Vous sortez donc de votre bourse un autre écu que vous donnez au serviteur de M. de joubeuf.
Je... Je vais voir ce qu'il est possible de faire... dit . l’homme en empochant la pièce. Quelques minutes plus tard, il revient auprès de vous en compagnie du dénommé Bastien. Il vous semble qu'en vous voyant, celui-ci a une réaction de surprise, mais vous ne sauriez en jurer. L'autre domestique se tient à l'écart tandis que vous vous adressez au nouveau venu.
J'étais un ami de Thibaud de Ponsac, prétendez- vous, et j'ai appris que vous aviez assisté à ses derniers instants...
Ah, quel malheur ! s'exclame Bastien Frontouillard, pauvre Monsieur !
— Vous étiez là quand l'assassin l'a frappe ?
Oh oui, hélas ! J'étais là ! Lorsque je suis arrivé dans la pièce, l'infâme était en train de poignarder mon maître.
— Il avait le visage masqué, je crois ?
Oui, il portait un masque noir, ce qui ne l'a pas empêché de se faire prendre dès le lendemain matin. Heureusement, le misérable sera châtié comme il le mérite.
Bien entendu, Bastien Frontouillard est convaincu que Hensock le Follet est bel et bien l'assassin de son ancien maître. Inutile d'essayer de le détromper, il ne vous croirait pas. — M. de Ponsac est mort sur le coup? demandez- vous.
— Oui, quand je me suis précipité sur lui pour lui porter secours, il était trop tard.
— Et l'assassin ?
— Il s'est enfui dès qu'il m'a vu. Il y avait une autre porte dans la pièce, c'est par là qu'il est passé. Mon Dieu, pauvre Monsieur, chaque fois que je repense à lui. je ne puis m empêcher de pleurer.
Bastien Frontouillard baisse la tête. Il a en effet les larmes aux yeux et s'essuie du revers de sa manche gauche. Peu à peu, il est secoué de sanglots : vous n'arriverez plus à tirer de lui quoi que ce soit.
— Puis-je retourner à mon travail? demande-t-il d'une voix entrecoupée de hoquets.
— Oui, oui. allez-y.
Voyant que vous en avez terminé, l'autre domestique revient vers vous.
— J'espère que Monsieur est satisfait ? dit-il.
— Je vous remercie, répondez-vous. Encore une petite chose, cependant, vous m'avez parlé d'un vol d'aérostat qui doit avoir lieu demain.
— Oui, au Champ-de-Mars à 8 heures du matin, précise le domestique.
— Si. tout à l'heure, vous avez fouillé dans un placard en attendant que le domestique revienne.