Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Mars 2013
Le palais est silencieux. Vous parcourez prudemment les longs couloirs déserts et froids vers la salle • d'entraînement du sous-sol où Crabia vous attend. C'est une grande pièce sombre avec un sol de terre battue, au centre de laquelle est installé un complexe appareillage de bois dont les deux bras sont écartés comme des cornes de taureau. — Tu vas essayer de sauter là-dessus, ordonne Crabia.
Vous faites d'abord quelques exercices au sol puis vous essayez de sauter en vous tenant aux bras. Ensuite vous parvenez à bondir, et, empoignant ces
sortes de cornes, à vous balancer un moment avant d'atterrir sur le sol de l'autre côté. Crabia approuve de la tête et se dirige vers l'instrument.
— C'est bien, mais on ne te demande pas de faire de la gymnastique mais de sauter par-dessus un taureau. Maintenant essaye comme ceci.
Elle ôte deux petites chevilles aux montants de l'appareil et reprend sa place. Vous recommencez mais, cette fois, lorsque vous vous balancez, tout bascule et vous vous retrouvez par terre.
— Ha, ha ! Gros malin, ricane Crabia, tu crois qu'un taureau va rester tranquille pour toi ? Allez, encore !
Cette fois, vous tenez plus longtemps et vous parvenez même à conserver votre équilibre malgré le balancement. Crabia ôte deux autres chevilles et vous montre que la machine peut remuer maintenant aussi bien de gauche à droite que d'avant en arrière. Vos bras et vos jambes vous font mal. Vous comprenez petit à petit qu'il ne faut pas vous fier aux cornes, qu'il ne faut pas les utiliser comme support mais contrôler leurs mouvements pour vous maintenir ; qu'en vous balançant vous devez toujours être prêt à bondir lorsque la tête s'incline trop. Crabia semble satisfaite mais elle corrige pourtant aussitôt son jugement en disant :
— Ce n'est pas aussi bien que ton frère mais tu y es tout de même parvenu.
Vous la remerciez, encore trop essouflé pour ironiser, et vous vous préparez à repartir dans votre chambre lorsqu'elle vous arrête :
— Attends un instant !
Vous vous approchez d'elle, curieux, et elle vous plante dans l'épaule un minuscule taureau d'argent.
— Te voilà maintenant presque sacré sauteur de taureau. Nous poursuivrons demain.