Lecture des livres dont vous êtes le héros
23 Août 2013
Toujours à la suite du messager, vous vous hâtez vers le palais du seigneur Kiyamo. Vous avez quitté la ville et, autour de vous, la campagne est verdoyante. Bientôt le paysage devient plus accidenté, et les champs cultivés laissent la place à de riches rizières. Une intense animation règne sur la route que vous suivez : nombreux sont les chariots bourrés de ravitaillement que vous croisez, les troupes de soldats, les Samouraïs et autres hommes d'armes. A maintes reprises, des détachements de cavalerie vous dépassent, soulevant des trombes de poussière. Tous sont des soldats de Kiyamo, reconnaissables à leur armure laquée de rouge et à leurs bannières ornées d'une étoile écarlate à quatre branches dans un trèfle vert à quatre feuilles — symbole de la Maison du seigneur. Tout ce déploiement de force vous amène à penser que la guerre est proche. Au bout de quelques heures de marche, vous parvenez à une bifurcation. Votre guide s'arrête alors et vous déclare qu'il doit maintenant vous quitter. Mais, auparavant, il vous précise que la route de droite mène à la forteresse de Kanokura — point stratégique de la plus grande importance — après avoir passé un col, alors que celle de gauche conduit directement au palais.
Jugeant cette dernière moins encombrée par tout ce déploiement militaire, vous vous y engagez après avoir salué le messager. Vous cheminez seul un bon moment, avant d'apercevoir, sur votre droite, les fumées d'un village entouré de rizières. Vous vous y dirigez à pas rapides. Seules quelques maisons de bois entourent une place. Après avoir couru pendant des heures, vous espérez y trouver de quoi vous restaurer. Vous appelez. Personne ne vous répond. Rien ne bouge. Néanmoins, votre ouïe développée perçoit bientôt de lourds sanglots. Ils proviennent d'une masure toute proche. Vous poussez la porte et découvrez un vieil homme, les traits burinés par le temps et le dos courbé par des années de labeur passées aux champs, en train de consoler sa femme ; une femme plutôt corpulente, aux joues rouges et dont les larmes trahissent le plus profond désespoir. Vous leur demandez quelle est la cause de leur peine. L'homme lève la tête, le visage accablé par la douleur. Tandis qu'il vous regarde, une lueur d'espoir semble briller dans ses yeux. « Monsieur, aidez- nous, vous dit-il, une créature infernale, Hyéna, et son serviteur O-Bakemono sont venus s'installer dans une grotte voisine et nous ont extorqué notre pauvre nourriture et le peu d'argent que nous possédions. » « Pourquoi ne leur avez-vous pas résisté ? Pourquoi n'avez-vous pas été chercher de l'aide au palais ? » leur demandez-vous. « Le O-Bakemono a tué quatre de nos jeunes gens et leur antre est tout près de la route. Hyéna possède en outre des pouvoirs diaboliques, monsieur, et semble pouvoir détecter n'importe quelle personne qui s'aventure sur cette route ! Aussi personne n'ose se rendre au palais, pas plus que quiconque ne s'avise de s'attarder, même un court instant, dans les alentours. Peut- être vous, monsieur... Comprenez, les temps sont troubles par cette guerre qui s'annonce dans le Sud et maintenant... » Le malheureux est sur le point de s'effondrer à nouveau en larmes. « ... Hyéna nous a ravi notre fille pour la sacrifier dans deux jours au démon qu'elle vénère, Baal, le Seigneur des Mouches... Aidez-nous, monsieur, par pitié ! » N'écoutant que votre courage, vous décidez de leur venir en aide.
Mais allez-vous tenter de vous rendre dans l'antre de ces créatures pour délivrer l'enfant