Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Mai 2013
L'air assuré, votre guide tend la main vers le ciel assombri de lourds nuages noirs :
- Ne vous faites aucun souci, mes amis, dit-elle. Si l'on en croit Homère, il n'y a jamais eu la moindre tempête sur le mont Olympe.
Mais sans doute la météorologie n'était-elle pas la meilleure spécialité d'Homère, car au même moment un éclair illumine la plaine environnante, suivi d'un effroyable grondement de tonnerre, alors que des trombes d'eau s'abattent sur vous.
- Ne vous éloignez pas ! Restons ensemble, hurle-t-elle désespérément en vous voyant vous précipiter dans toutes les directions à la recherche d'un abri.
Sans lui prêter la moindre attention, vous courez vers un rocher en surplomb, bien décidé à vous protéger du désastre ambiant. Mais trempé jusqu'aux os, aveuglé par les rafales de pluie, c'est au jugé que vous vous dirigez. Et bientôt vous n'avez plus la moindre idée de l'endroit où vous vous trouvez.
C'est alors que la tempête cesse aussi soudainement qu'elle avait commencé. Les nuages s'éloignent, le soleil apparaît. Et il est si brûlant qu'une légère vapeur s'élève de vos vêtements qui sont bientôt complètement secs. Au comble de l'étonnement, vous regardez autour de vous pour constater que vous êtes au centre d'une petite aire sableuse, cernée d'une muraille de rochers de plus de six mètres de haut. Et si, à l'évidence, vous avez pu arriver jusqu'à ce lieu, vous ne distinguez pas la moindre issue qui pourrait vous permettre d'en sortir !
Néanmoins, vous vous mettez à longer l'étrange barrière à la recherche d'un passage. Mais vous ne faites que quelques pas avant de sursauter violemment. Non loin de vous, nonchalamment assis sur un petit rocher, se trouve un vieil homme à longue barbe et à l'accoutrement des plus bizarres : chaussé de curieuses sandales de cuir, il est en effet vêtu d'une longue tunique blanche, alors que sur ses longs cheveux aussi blancs que sa barbe est posée une couronne de laurier. S'il donne l'impression de s'être échappé de l'asile de fous le plus proche, il doit certainement savoir comment quitter les lieux.
- Vous parlez français ? lui demandez-vous poliment, ne connaissant pas un traître mot de grec.
- Français, anglais, breton, allemand, italien, grec - ancien et moderne -, flamand, latin, corse, mandarin, hindi, quelques mots de sanskrit seulement, je dois l'avouer... entre autres, vous répond-il en fronçant les sourcils.
- Le français ira très bien, dites-vous rapidement craignant qu'il ne reprenne sa liste. Je me demandais si vous pourriez m'indiquer le moyen de sortir d'ici. Car, voyez-vous, je fais partie d'un voyage organisé qui visite votre merveilleux pays, et c'est vraiment par hasard que je suis arrivé jusque-là.
- Pas du tout, sourit-il malicieusement. Tu es là parce que je l'ai voulu. Le hasard n'a rien à voir là-dedans. Mon nom est Zeus, ajoute-t-il en vous tendant la main. Et j'aimerais que tu fasses un petit travail pour moi.
Zeus? Zeus, le dieu? Autrement dit la version grecque des Napoléon qui peuplent les asiles d'aliénés de votre pays. Manifestement cet individu n'a pas toute sa tête. Alors qu'allez-vous faire ?
Vous pouvez prendre avec humour ce qu'il vient de vous dire.