Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

263

Vous reprenez cons­cience. Vos yeux s'habituent vite à l'obscurité. Vous vous mettez debout, chancelant un peu, et entreprenez d'avancer vers... A vrai dire, vous ne savez guère où vous êtes ni où vous allez !

A tâtons, vous progressez le long de la paroi rocheuse. Ce souterrain peut s'étendre sur des kilomètres, il peut même n'avoir aucune issue. Réjouissantes pensées ! Vous les chassez de votre esprit. De longues minutes s'écoulent.

L'atmosphère est étouffante, et empuantie par des relents immondes. Vous craignez de suffo­quer. Soudain vos doigts se posent sur quelque chose de mou et d'humide ! Vous sursautez d'horreur. D'après les contours, vous avez mis la main sur un cadavre enchaîné au mur, à demi dévoré par les rats ! Mais après tout, les morts ne peuvent rien contre vous. Il y a bien une douzaine de suppliciés effondrés là, sans compter les ossements épais que vous piétinez.

Sans attendre, vous poursuivez votre explora­tion. Après quelques minutes, vous vous trouvez devant un embranchement et prenez un chemin au hasard, tâtonnant toujours. Personne n'a dû visiter cette oubliette de son plein gré, et vous doutez que même ceux qui y jettent des malheureux soient allés aussi loin. Au bout d'un temps infini, vous vous heurtez à la paroi sur trois côtés: un cul-de-sac! Malédiction! Vous levez les yeux, tendez les bras... et touchez quelque chose ! Des racines ! D'énormes racines, celles d'un gros arbre qui doit pousser juste au-dessus de vous ! Vous les secouez, de la terre vous tombe sur le visage. La lumière du jour filtre par les interstices. Vous grattez frénétique­ment la voûte du souterrain et peu à peu parvenez à dégager un étroit passage. Vous respirez une bouffée d'air pur.

Après de laborieux efforts, vous vous hissez enfin hors du souterrain mortel. Vous êtes au fond d'une cour d'apparat, toujours à l'intérieur du palais. Devant vous, des dizaines d'hommes, jeunes ou vieux, des femmes, des enfants, se tiennent assis ou accroupis en rangs serrés sur toute la largeur de la cour. Des gardes offrent des écuelles de nourriture à ceux qui ont faim. Une sérénité réelle habite tous ceux que vous voyez. Vous comprenez que, cette fois au moins, la chance vous a servi : vous venez de déboucher au beau milieu de l'audience publique ! Au bout d'un instant, le silence se fait. Alors apparaît le maharadjah Rabindranath...

Tout en lui respire la noblesse d'âme. Bien proportionné, il paraît nettement plus grand que sa taille. Son menton volontaire est recouvert d'une barbe bien taillée. Un pectoral de toute beauté, frappé du symbole de la fleur de lotus, orne sa poitrine musclée. Des bracelets d'or martelé lui enserrent les poignets. Il est vêtu avec simplicité, d'une tunique blanche et d'un turban pourpre. Derrière lui se tiennent un petit homme au teint jaunâtre et le Premier ministre Moulouji, qui proclame l'ouverture de l'au­dience.

Tandis que l'on règle quelques affaires de litiges ou de bétail, vous tentez d'éclaircir la situation. A l'évidence, on s'est joué de vous. Le Premier ministre vous a volontairement expédié aux oubliettes du palais pour se débarrasser de vous... Mais pourquoi? Vous le dévisagez avec une certaine incrédulité. Pour quel motif a-t-il agi de la sorte? Et si... mais oui! Ses yeux, leur éclat sauvage est inoubliable! Et ce turban vert qui masque son cou... son cou et la cicatrice que vous lui avez infligée hier!

Plus aucun doute n'est permis ! Le Premier ministre Moulouji et le Grand Prêtre des Thugs ne font qu'un ! Voilà donc l'explication de cette machination...

Vous n'y tenez plus ! Cette mascarade ignoble doit prendre fin ! Quittant votre bouquet d'arbres décoratifs, vous faites irruption parmi la foule.

«O puissant maharadjah! Hurlez-vous. Ecoute-moi ! Ton Premier ministre est un félon, et le véritable coupable du complot qui te menace ! Il a ranimé le culte de Kali et présidait au destin des fanatiques Thugs ! Il faut me croire... »

Un silence glacial est tombé sur l'assistance. Le maharadjah hésite un instant, ne sachant que dire. Son regard se porte sur son Premier ministre, puis revient vers vous. Vous prend-il pour un dément ? Vous ne sauriez le dire.

« Ces accusations que tu portes sont très graves, étranger ! Certains ont été exécutés pour moins que cela ! »

Moulouji le traître murmure quelque chose à l'oreille du maharadjah. Vos pires craintes se justifient lorsqu'il reprend la parole:

« Mon dévoué Premier ministre dit que tu es un assassin recherché par la garde de notre cité, et que tu as en outre commis des crimes de nature religieuse! Il me dit pouvoir le prouver sans mal! Qui dois-je croire, de lui ou de toi ?» interroge le souverain, sarcastique.

Votre situation ne s'arrange pas.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article