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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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La flatterie est certainement le meilleur moyen d'obtenir des renseignements. Vous engagez donc la conversation en vous forçant à faire un compliment.

Votre père est un héros... commencez-vous.

— Un héros, c'est vrai, vous interrompt aussitôt Samantha, mais sachez que chacune de ses victoires est aussi la mienne ! Car même si je suis loin de lui. je reste présente à ses côtés sur le champ de bataille. Depuis qu'il est parti au front, il m'a envoyé des dizaines de lettres : dans chacune d'elles il m'écrit que c'est d'abord à moi qu'il pense lorsqu'il combat ces chiens de Yankees. Ma mère est morte il y a trois ans, il n'a plus que moi au monde : je suis sa fille unique.

Cette pimbêche égocentrique commence à vous irriter singulièrement. Dans quelques instants, elle vous expliquera qu'en réalité, c'est elle qui commande l'armée de son père !

— Voulez-vous voir quelques-unes de ces lettres ?

Demande alors Samantha. Je vous autorise même à en citer des passages dans votre article. Elle se lève de son hamac, puis vous emmène à l'intérieur de la maison. Là, elle vous précède dans une pièce qui sert de bibliothèque et s'approche d'un secrétaire dont elle ouvre l'abattant. Des piles de lettres sont rangées à l'intérieur. Elle prend l'une des missives et vous en fait lire un passage. Herbert Wayward semble en effet porter à sa fille un amour immodéré, si l'on en juge par les termes excessifs qu'il emploie pour lui exprimer son affection. Ces débordements sentimentaux n'ont aucun intérêt à vos yeux, mais vous demandez malgré tout l'autorisation à Samantha de lire d'autres lettres en espérant y découvrir cette fois des éléments utiles. La fille du général ne se fait pas prier : elle prend l'une des piles rangées dans le secrétaire et vous invite à revenir sous la véranda où vous pourrez les lire plus confortablement. Après avoir repris place dans le rocking- chair, vous parcourez les missives du général Wayward. tandis que le Noir au banjo joue un petit air pour distraire sa maîtresse. Les fadaises que le général Wayward envoie à sa fille vous semblent bien fastidieuses. Soudain, pourtant, une phrase retient votre attention : « Ce traître de John Goodman, est- il écrit, recevra le moment venu le châtiment qu'il mérite. » John Goodman ! C'est le nom que Oclock le Bon avait adopté au cours de sa mission à la surface de la Terre.

— Qui est donc ce traître dont votre père parle dans cette lettre? demandez-vous du ton le plus innocent.

Vous voulez dire John Goodman ? Ce misérable ! s'écrie Samantha avec fureur. Il a réussi à gagner la confiance de mon père, alors qu'en fait, il l'espionnait pour le compte des Nordistes. Figurez-vous que Papa l'avait même engagé comme précepteur pour me donner des leçons de philosophie ! La philosophie de la trahison !

Vous avez du mal à conserver votre calme : entendre parler ainsi de Oclock le Bon vous met en fureur, mais vous vous efforcez de n'en rien laisser paraître

— Et où se trouve ce John Goodman, à présent ?


— Quelque part dans un camp de prisonniers, je ne me souviens plus où exactement. En tout cas. mon père m'a raconté son arrestation dans l'une de ses lettres.

— Pourrais-je lire cette lettre ? demandez-vous aussitôt.

— Bah, à quoi bon ? C'est sans importance... Tout ce que je peux vous dire, c'est que John Goodman sera fusillé le 4 juillet, jour de la fête nationale. Ainsi en a décidé mon père afin de faire un exemple.

Le 4 juillet, c'est-à-dire demain ! Vous n'avez plus que quelques heures pour le délivrer !

— Et maintenant, excusez-moi, dit Samantha, mais je dois partir. Je suis invitée à une soirée. Revenez demain, si vous le désirez, je vous montrai d'autres documents. Jessie va vous raccompagner à votre hôtel, ajoute-t-elle en montrant d'un signe de tête le Noir qui continue de jouer du banjo.

Vous vous levez, vous saluez votre hôtesse et vous vous dirigez vers la porte. Vous vous trouvez alors nez à nez avec un colosse qui tient en laisse un lévrier.

— Gallio, mon trésor ! s'écrie Samantha.

Le colosse lâche aussitôt le lévrier qui se précipite dans les bras de la jeune femme.

— Zénon, va préparer le dîner de Gallio, dit Samantha au colosse. Cette pauvre bête meurt de faim.

Bien, Madame, répond le dénommé Zénon en tournant les talons.

Cet homme immense et ce lévrier d'apparence si fragile forment un couple étrange, à la fois inquiétant et ridicule. Vous avez cependant d'autres soucis en tête : comment faire pour délivrer Oclock le Bon en si peu de temps ? Cest ce que vous vous demandez, tandis que le joueur de banjo vous emmène au- dehors et vous fait monter dans un tilbury découvert Il s'assied ensuite sur le siège du cocher et le cabriolet s'élance dans l'allée. Vous avez donné au cocher l'adresse de votre hôtel, mais il ne semble pas se hâter de vous y conduire. Il vous lance par moments des regards gênés, comme s'il voulait vous parler sans oser le faire.

— Je... J'aurais voulu vous dire... balbutie-t-il enfin.

— Oui ? Allez-y, parlez sans crainte.

— C'est... Cest à propos de John Goodman... L'homme s'interrompt un instant. — Vous le connaissiez ? lui demandez-vous.

— Oui, bien sûr... C'est... C'est un homme très bon... Je regrette que... qu'on le fusille demain...

Le destin vous sourit : cet homme pourrait vous être d'une aide précieuse !

— Il y a peut-être un moyen de le sauver, lui répondez-vous.

— Mais... Comment ? Le général Wayward est- Il hésite à poursuivre.

— Un homme très cruel, achevez-vous à sa place. Jessie paraît alors soulagé, comme s'il était sûr, à présent, qu'il peut vous faire confiance.

— Connaissez-vous l'endroit exact où il est prisonnier ? interrogez-vous.

Non, répond Jessie, mais le général a parlé de ce camp dans l'une de ses lettres. La lettre se trouve dans le secrétaire... Je... Je pourrais laisser la porte de derrière ouverte, cette nuit...

— Ce serait une très bonne idée... approuvez-vous.

— A partir de dix heures, tout le monde don et la fille du général ne sera sans doute pas rentrée avant minuit... Mais il faut se méfier de Gallio. le lévrier... La nuit, il reste en liberté dans la maison, et c'est un chien méchant... Et puis surtout, il y a Zénon... Mais il sera avec la maîtresse. C'est lui qui conduit son carrosse. Il y aura une lampe à pétrole sur la table, prés de la porte de derrière...

Vous êtes à présent arrivés devant l'hôtel : il ne vous reste plus qu'à attendre dix heures du soir, heure à laquelle vous retournerez dans la maison du général Wayward pour essayer coûte que coûte de retrouver cette lettre. Si vous y parvenez, peut-être réussirez- vous à accomplir l'impossible. Vous remerciez Jessie qui repart dans le tilbury et vous rentrez à l'hôtel. Si c'est aujourd'hui que vous avez atteint Memphis — et à cette condition seulement — vous pouvez prendre un repas qui vous coûtera 2 dollars et vous permettra de regagner 2 points de FORCE. Enfin, vers dix heures, vous revenez devant la maison de Samantha Wayward et vous vous glissez dans le jardin. Jessie a dit vrai : tout le monde dort et la porte de derrière est ouverte. A l'endroit indiqué, vous trouvez la lampe à pétrole que vous allumez en ne laissant brûler qu'une flamme minuscule. Le premier obstacle surgit alors : Gallio le lévrier a senti votre présence et il se précipite sur vous.

Si vous avez une touffe de poils de putois.

Si vous avez du hachis de champignons du Mexique.

Si vous avez un poignard.

Enfin, si vous n'avez rien de tout cela.

Si vous possédez plusieurs des objets indiqués, choisissez celui que vous souhaitez utiliser.

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