Lecture des livres dont vous êtes le héros
24 Juin 2013
Vous vous réveillez, transi de froid, aux premières lueurs de l'aube, mais ces quelques heures de sommeil ont eu l'effet d'un baume réparateur sur votre esprit troublé. De nombreuses questions demeurent encore sans réponse mais vous savez aussi que c'est dans l'adversité que l'homme donne le meilleur de lui-même. Le soleil matinal se reflète sur les eaux calmes des canaux et vous vous faufilez le long des voies désertes vers votre lieu de rendez-vous. Une légère brise se lève alors que vous atteignez la rue de la fortune, nettoyant la cité de ses miasmes fétides et ridant la surface trouble des eaux. Lucie vous attend, comme convenu, sous les arcades des bâtiments administratifs du quartier de Rackham. Elle vous sourit, fraîche et charmante, et vous prend par le bras pour cheminer à vos côtés. La jeune femme dit avoir quelque chose à vous montrer. Pendant quelques instants, vous oubliez le fardeau de vos soucis pour mieux vous imprégner de cette promenade en gracieuse compagnie.
La situation empire au palais, vous confie-t-elle. Le suzerain est sous l'emprise de Nazia, comme beaucoup de ses sujets, et Vénus, sa concubine, porte sur son corps les stigmates de la bête. Le suzerain ne l'a pas répudiée pour autant, mais il est devenu morose et n'a plus goût à rien. Je tiens toutes ces informations de la femme de chambre de Vénus. La malédiction est tombée sur le palais. Que va-t-il se passer si nos dirigeants eux-mêmes succombent au Mal ? Qui pourra nous sauver ?
Je m'y emploie, n'aie crainte, répondez-vous. As-tu appris pour quelle raison le suzerain a ordonné l'extermination de mon peuple ?
Il lui fallait un bouc émissaire pour détourner le courroux du peuple et poursuivre ses manigances. Les Habrams sont parfaits pour ce genre de rôle... Oh, excuse-moi, je ne voulais pas...
La jeune femme serre davantage votre bras pour vous prouver qu'elle vous apprécie.
Cela ne fait rien, répondez-vous. Nous autres Habrams avons appris à vivre avec la haine des autres, Quand elle ne nous tue pas, elle nous renforce.