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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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— De votre toilette... dit timidement Timothée. Les Parisiens attachent une grande importance à la mise et je crains que vêtue ainsi... vous n'attiriez quelque désapprobation... De plus, vous portez une épée au côté, ce qu'on ne voit jamais chez une femme. On vous prendra pour une aventurière, et cela ne vous attirera que des ennuis.

— Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de porter une épee alors qu'un homme peut le faire à sa guise ? vous indignez-vous.

— Vous avez raison, c'est injuste, approuve Blandine.

C'est peut-être injuste, mais c'est ainsi, coupe Timothée, l'air un peu pincé.

Comment dois-je donc m'habiller pour plaire aux Parisiens ? interrogez-vous d'un ton nuancé d'ironie. Faut-il que je m'affuble de dentelles, de jupons, de rubans ?...

Quel mal y aurait-il a cela ? s'étonne Timothée. Vous avez la taille bien prise, la jambe fine, un visage plein de grâce et de beauté...

Timothée ! l'interrompt son épouse, cette jeune fille n'est pas venue ici pour s'entendre conter des bagatelles ! Si vous ne désirez pas vous vêtir en femme, ajoute-t-elle en se tournant vers vous, habillez-vous en garçon ! Vous aurez ainsi toute liberté de mouvement et l'on ne s'étonnera pas de vous voir l’épée au côté.
L'idée est excellente : en vous habillant à la manière d'un homme, vous pourrez courir et vous battre à votre gré. mais lorsque vous aurez besoin d'employer des armes plus spécifiquement féminines, rien ne vous empêchera de vous vêtir en femme et d'user de toutes les ressources de votre charme.

Soit, je m'habillerai en homme, déclarez-vous à vos interlocuteurs.

— Quel dommage ! se lamente Timothée. mais si c'est votre volonté, venez, je vous fournirai des vêtements d'homme.

— Je viens aussi, dit aussitôt Blandine, il y aura peut-être quelques travaux de couture à faire. Vous remontez tous trois de la cave et vous suivez vos hôtes dans leurs appartements privés. Une demi- heure plus tard, vous êtes vêtue d'une redingote, d'une culotte et de bas, vous portez perruque en catogan et vous êtes coiffée d'un tricorne. On jurerait un garçon, quelque peu efféminé sans doute, mais un garçon quand même.

— C'est mon plus bel habit, dit Timothée en vous considérant d'un oeil attristé, mais je regrette qu'il dissimule ainsi tous vos charmes...
— Timothée ! s'écrie son épouse, laisse donc cette jeune fille s'habiller comme elle l'entend ! Ce costume lui sied à merveille.

— Autre chose, à présent, reprend Timothée, savez- vous où loger ?

Non, mais vous m'avez parlé de l'auberge où mon parent était descendu.

— L'auberge du Pont-Marie? L'endroit est plaisant et bon marché, mais... Mieux vaut ne pas faire état de votre lien de parenté avec Hensock. Vous risqueriez d'y être mal accueillie...

— Savez-vous quelle chambre il occupait ?

— Non. Cela a-t-il de l'importance ?

— Qui sait ? Il ne faut rien négliger, la vie de Hensock en dépend.

Croyez-vous qu'il soit possible de faire quelque chose pour lui ? demande Timothée plein d'espoir.

— J'en suis convaincue, assurez-vous. J'y consacrerai en tout cas mes forces et mon temps. Je vous remercie tous deux pour votre aide...

— Attendez, je dois encore vous donner quelque chose, dit Timothée Lestingois. Hensock le Follet m'avait laissé une certaine somme d'argent en dépôt, ne voulant pas la porter sur lui et risquer qu'on la lui dérobe. Puisque vous êtes de sa famille, il me semble naturel de vous remettre cet argent.

Timothée sort alors d'un placard une bourse qui contient 25 louis d'or et 20 écus et vous la donne ; ce capital vous sera précieux, sachez en faire bon usage, et surtout, tenez vos comptes avec précision, car les occasions de gagner de l'argent seront rares, et vos dépenses multiples. N'oubliez pas que la vie est chère, à Paris...

— Il me reste à vous souhaiter bonne chance, mademoiselle... Mademoiselle... Heu... Pardonnez-moi, je crains d'avoir mal saisi votre nom...

Êglantine. répondez-vous tout naturellement.

C'est le nom que vous vous étiez donnée lors de votre première mission sur Terre, autant le conserver...

Églantine ?... Tout court ? s'étonne Timothée.

Églantine... Heu... Lefollet, précisez-vous après un bref instant d'hésitation.

Puisque vous avez prétendu être une parente de Hensock. pourquoi ne pas transformer son surnom en nom de famille ? C'est un patronyme quelque peu difficile à porter, certes, mais après tout, la difficulté ne vous fait pas peur !

Oui. bien sûr. j'aurais dû m'en douter, dit Timothée. Eh bien, je le répète, bonne chance, que Dieu vous garde et puissiez-vous contribuer à ce que justice soit rendue à l'infortuné Hensock. Vous prenez alors congé de Timothée et Blandine Lestingois après les avoir chaleureusement remerciés de leur aide. Vous pouvez même, à titre de dédommagement pour le costume, leur laisser 2 louis d'or, maintenant que vous êtes riche. Vous êtes libre de le faire ou pas. agissez selon votre conscience. Lorsque vous aurez quitté les lieux, vous remonterez sur votre cheval.

Et n'oubliez pas que vous devrez désormais avoir un comportement masculin, tout au moins tant que vous déciderez de conserver vos vêtements d'homme. Aussi, ne vous trahissez pas !

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