Lecture des livres dont vous êtes le héros
5 Février 2013
Loup'Ardent franchit l'arcade et tombe dans le .vîde. Les marches, qui paraissaient si solides, se révèlent aussi impalpables que des rayons de lune. il passe au travers et dégringole dans les ténébres comme s'il s'était délibérément jeté dans un trou bèant. Ne pouvant se rattraper à rien, il risque de se tuer mais, en se contorsionnant comme un chat, il réussit à retomber sur ses pieds après une chute de cinq ou six mètres. Il est étourdi, mais pas blessé. Il regarde autour de lui. Il se trouve dans une cellule aux murs de pierre, une prison éclairée par la flamme fuligineuse d'une torche fichée de biais dans un support fixé au mur. Sous ses pieds, le sol est trempé. et l'humidité suinte le long des murs. L'unique porte de la cellule est en chêne massif et bardée de fer. En face, le corps d'un homme à demi nu, émacié et barbu, est suspendu à des chaînes scellées dans le mur. L'humidité frappe Loup*Ardent comme une anomalie. Partout ailleurs, dans ce maudit château, tout est sec comme de l'amadou. C'est à croire qu'il se trouve maintenant au-dessous du niveau du lac alors qu'il n'est tombé que de quelques mètres. il lève les yeux. Le plafond, au-dessus de sa tète, est fait de grosses dalles de pierre et paraît d'une solidité à toute épreuve. Et, cependant, il est passé à travers Il est vrai que les marches de pierre aussi paraissaient solides, lorsqu'il a franchi l'arcade Loup*Ardent dégaine Exterminator et le lance en l'air. L'épée heurte bruyamment les dalles et retombe à ses pieds. Indiscutablement, le plafond est massif... et pourtant il est passé à travers. Il y a encore de la sorcellerie là-dessous ! Loup*Ardent s'approche de la porte. Comme il s'y attendait, elle est solidement verrouillée, et le vantail semble de taille à résister à tous les dommages qu'il pourrait lui infliger avec le modeste équipement dont il dispose. En examinant la porte, il remarque, juste à côté, un quadrillage gravé dans le mur. Dans les cases sont inscrits les chiffres suivants :
2 9 1 4 8 7 6 5 3 9 4 6 7 8 8 3 1 2 3 4 5
6 7 8 9 8 7 6 5 4 3 7 9 8 7 6 5 4 3 2 1 9
8 7 6 5 4 3 2 1 2 1 6 2 1 7 2 8 9 1 2 1 2
3 4 5 6 7 8 9 1 2 3 4 5 6 7 1 5 2 1 6 3 1
7 4 6 1 3 5 1 2 4
Loup'Ardent les regarde avec perplexité. Bien qu'estompés, ces chiffres ont manifestement été mis là dans un but précis. Il s'interroge toujours sur leur signification lorsqu'une voix étouffée, derrière son dos, le fait pivoter sur ses talons en portant la main à son épée.
— Ils indiquent le moyen de sortir d'ici, dit la voix Elle émane du prisonnier émacié attaché au mur. Loup*Ardent se détend.
— Excusez-moi, dit-il. Je vous croyais mort.
— Vous ne vous trompiez pas, dit le prisonnier. Mon cœur a cessé de battre. Mes fonctions vitales sont interrompues. Mais il n'est pas facile de mourir dans cet endroit maudit, comme vous l'avez peut- etre constaté vous-même.
n'ayant rien constaté de tel, Loup*Ardent garde le silence.
— Je suis condamné à rester ici, dans cet état de mort vivant, jusqu'à ce que la magie qui protège cette vallée soit supprimée ou qu'elle finisse par se dissiper avec le temps, comme elle a commencé à le faire. Le Seigneur Xandine ne peut plus durer bien longtemps. Le jour où il mourra, sa sorcellerie mourra avec lui, et je serai libre. A moins, évidemment, que vous ne me libériez avant.
— Cest ce que je vais faire, dit Loup*Ardent en s'avançant pour examiner les fers du prisonnier. En réalité, il croit que l'homme n'est pas mort, mais que ses souffrances l'ont rendu fou.
mais le détenu barbu secoue négativement la tête.
— Me libérer de mes fers ne changerait rien à mon triste sort. Cest la magie de Xandine, plus que ces chaines, qui me retient captif. Le seul moyen de me venir en aide est de hâter la fin de Xandine, ou de perir dans l'entreprise.
— Mais je ne connais aucun Seigneur Xandine, proteste Loup*Ardent, bien que ce nom, à dire vrai, lui rappelle vaguement quelque chose.
Vous n'en êtes pas moins destiné à le rencontrer. Peut-être. Mais, pour cela, il faut d'abord que vous sortiez de cette cellule. C'est le seul domaine dans lequel je puisse vous être utile. Dans le mur, à côté de la porte, est gravée l'une des anciennes tablesmagiques de Pythagore. Vous vous y connaissez en nombres, Barbare ?
Est-ce vraiment avec un cadavre qu'il est en train de converser ?
— Je sais compter, mais je ne suis pas très fort en calcul, reconnaît Loup*Ardent.
— Nous saurons bientôt à quoi nous en tenir. Examinez la table et cherchez combien de groupes de deux chiffres contigus donnent un total de 10. Ensuite, lorsque vous aurez trouvé combien il y en a, frappez le même nombre de coups sur la porte. Si ce nombre est exact, la porte s'ouvrira. S'il est erroné, ce sont les vannes qui s'ouvriront, et vous serez noyé.
— Nous serons noyés, rectifie Loup*Ardent.
— Je ne respire pas, je ne peux pas me noyer. Cette prison est située sous le lac. Les nombres sont le seul moyen de s'en échapper.
— Comment suis-je arrivé ici ?
— Vous avez été transporté magiquement. Il y a beaucoup d'endroits, dans le château, qui peuvent transporter les imprudents dans des situations de ce genre.
Dubitatif, Loup*Ardent retourne à la porte et aux chiffres estompés de la table de Pythagore.
Un exercice simple, semble-t-il. Mais combien de coups Loup*Ardent frappera-t-il sur la porte?