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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Les rênes fortement serrés dans une main, vous sortez hâtivement l'Outre pleine d'eau que vous débouchez avec vos dents. Non sans frémir, vous affichez un air menaçant et déclarez d'une voix ferme :

— Le moment est venu de discuter. J'ai la certitude que vous n'aimeriez pas du tout le contact de ce liquide sur votre corps. Je vous propose de me transporter jusqu'au Palais du Consul et là nous nous séparerons gentiment.

— Quoi ? rugit le monstre d'une voix rauque et rocailleuse, son visage écorché tordu dans un rictus de haine. Quoi, vous avez la prétention de m'utiliser comme une vulgaire monture? Moi, Sacartch le Funeste, le Seigneur Démoniaque de l'Océan ? Pitoyable mortel, je vous préviens-Vous laissez tomber une seule goutte d'eau sur le corps du monstre qui grésille comme sous l'effet d'un acide.

— A moi de vous avertir, Seigneur de l'Océan ! répliquez-vous d'un ton affable. Si vous refusez de me transporter, vous en subirez les conséquences.

La créature s'étrangle de fureur, mais ne réplique pas. Sacartch le Funeste sait qu'il n'aura pas le dessus. Il vous laisse l'enfourcher et se lance sur la mer déchaînée. Ses sabots pointus labourent les vagues comme de la terre meuble, tandis que le vent vous apporte ses sinistres hennissements. Vous serrez les dents tout en vous accrochant convulsivement à son torse répugnant. La traversée vous paraît longue, interminable î Enfin, vous parvenez sur la rive opposée. Pâle, les genoux tremblants, vous sautez à terre. Le monstre vous contemple en tremblant de fureur. Vous n'avez sas encore lâché les rênes.

- J'ai honoré ma part du contrat, grince-t-il en piaffant. A votre tour de tenir parole. Libérez-moi !

- Tenir parole avec un démon ? Quelle plaisanterie !

Et, sans la moindre once de pitié, vous videz le contenu de l'outre sur son corps visqueux. L'eau fraîche le brûle comme du feu et il pousse des cris atroces. Rendu fou par la douleur, il se précipite dans l'eau salée et disparaît sous les vagues, avec un frisson de dégoût, vous vous détournez. (128)

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