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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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A la recherche de Gabbad...

La chaleur est telle que les gouttes de sueur s'évaporent aussitôt, à peine apparues sur votre front. Et l'éclat du soleil est si intense, que le sable du désert, tout autour de vous, est d'un blanc de craie. A l'horizon, les silhouettes des nomades et de leurs chameaux semblent flotter dans un univers liquide. Au loin, sur votre gauche, vous apercevez les minarets et les tours d'une ville qui se découpent dans le ciel bleu sans nuages. Ses palmeraies, ainsi que les terrasses des bâtiments que vous devinez, plus que vous ne les voyez, rendent votre soif encore plus intense. Encore quelques heures, et vous pourrez vous désaltérer, vous reposer. En attendant, vous courbez la tête sous les coups redoublés du soleil, tressaillant à chaque fois que votre épéc, presque chauffée à blanc, rebondit sur votre cuisse. Vous avez parcouru plus de trois cents kilomètres dans ce désert hostile du pays de Khem. en vous joignant aux caravanes des nomades et à celles des marchands. Caché dans votre ceinture, se trouve toujours la petite Tablette en granité, gravée d'étranges hiéroglyphes Ou plus exactement, la moitié d'une Tablette car, en l'examinant attentivement, vous avez remarqué que l'un de ses bords présentait des traces de brisure évidentes. Bien qu'il vous ait été impossible de déchiffrer les hiéroglyphes, vous avez quand même reconnu le cartouche royal du pharaon Kar-Thot, surnommé «< le Magnifique » à cause des immenses conquêtes accomplies au cours de son règne, et de la splendeur de sa cour. Voilà des millénaires que Kar-Thot le Magnifique est mort. Il a été enseveli dans un tombeau qui a été si bien recouvert par les sables du désert, que personne, depuis tout ce temps, n'a été capable de le retrouver.

Une fois de plus, vous vous assurez que la Tablette est toujours bien là, dans votre ceinture. Car vous avez la certitude qu'elle est la clef qui vous permettra de triompher là où tous ont échoué. L'homme qui vous l'a vendue vous a révélé qu'elle avait été découverte non loin de la cité d'Arksor. Il vous a révélé, également, le nom de celui à qui il l'a lui-même achetée — un certain Gabbad marchand d'antiquités. Bien des légendes tournent autour de ce tombeau fabuleux qui doit renfermer d'incroyables trésors. Mais ce ne sont, pour l'instant, que légendes. Car aucun des aventuriers qui, comme vous, se sont lancés dans l'aventure, n'est jamais revenu pour en certifier l'exactitude. Pourtant vous êtes gagné par une sourde inquiétude en pensant à la Malédiction du Pharaon : ne raconte-t-on pas, en effet que, s'il est possible d'échapper aux dangers de la tombe, il est impossible de sortir vivant de la chambre funéraire ?

Enfin, après des heures d'une marche harassante, pendant lesquelles vous avez souvent cru que les remparts de la ville s'éloignaient, plutôt que vous ne vous en rapprochiez, vous finissez par atteindre, dans l'épuisement le plus total, les portes colossales de la cité. Et c'est à bout de forces que vous les franchissez.

Aussitôt, le contraste vous fait tourner la tète. Car au silence et à la solitude du désert succèdent maintenant les hurlements de la foule des enfants qui vous entourent, des mendiants qui vous attrapent par la manche pour vous demander quelques pièces de monnaie, ou vous proposer de vous conduire dans la meilleure auberge, des revendeurs de fausses antiquités qui, le sourire en coin, sortent furtivement de leurs vêtements de mauvaises copies de statuettes ou de bijoux datant — selon eux — de l'époque pharaonique. Vous vous dégagez tant bien que mal et, vous frayant un passage au milieu de tout ce remue-ménage. vous vous dirigez vers une auberge à l'aspect peu accueillant, appuyée contre le mur d'enceinte de la cité. Soudain, la foule qui vous suivait s'arrête, recule dans de sourds murmures Une voix, seule, s'en élève : « N'entrez pas. Seigneur ! Cette auberge est maudite ! Il y en a bien d'autres, dans la cité ! » Mais sans prêter la moindre attention à leur effroi manifeste, et à l'avertissement qui vien» de vous êtres donné, vous poussez la porte du « Serpent Lové ». impatient de vous remettre de votre pénible voyage et, surtout, d'étancher votre soif...

Peu à peu, vos yeux s'accoutument à la pénombre de l'endroit. Vous vous trouvez dans la salle principale de l'auberge, dont le sol de terre battue supporte des tables et des bancs faits de bois grossier. Des essaims de mouches sont agglutinés sur les cruches de terre, et sur des croûtons de pain rassis oubliés çà et là sur les tables et les étagères. Un vieil homme surgit de derrière le comptoir, une lueur rusée brillant dans les yeux. Vous lui commandez un repas et un grand pichet d'eau fraîche avant de vous installer à l'une des tables. Non loin de vous est assis le seul client de l'auberge. Il se tient dans le coin le plus sombre de la salle, et est entièrement dissimulé par le large manteau blanc des nomades du désert. L'aubergiste vous apporte bientôt votre repas, et vous en profitez pour lui demander s'il sait où se trouve la boutique de Gabbad, le marchand d'antiquités. Votre question semble le plonger dans la plus profonde réflexion, car vous le voyez passer la main dans ses rares cheveux en levant les yeux vers le plafond, puis arracher un poil d'une des nombreuses verrues qui parsèment son visage avec une grande application, enfin faire quelques grimaces significatives, avant de marmoner :

— La boutique de Gabbad... ah, oui... ah, non, je ne me souviens pas. Vous savez, la mémoire d'un vieil homme comme moi n'est plus ce qu'elle était... Inutile de vous faire un dessin : vous avez compris. Dans votre bourse, vous prenez une Pièce d'Or que vous lancez sur la table. Avant même qu'elle n'ait pu rebondir une deuxième fois, le vieil homme s'en ai saisi, et l'a prestement cachée dans ses vêtements.

Ah, oui ! Maintenant, je m'en souviens très bien. La boutique de Gabbad se trouve tout près de l'une des entrées du bazar. Mais si vous désirez vous y rendre à cette heure, ne perdez pas de temps, car la nuit ne va pas tarder à tomber, et il ne fait pas bon, pour un étranger, s'aventurer en ce lieu dans l'obscurité.

Vous le remerciez et, après avoir payé votre repas, vous quittez l'auberge. Devant vous, vous apercevez la silhouette vêtue de blanc du client de l'auberge. Intrigué, vous le suivez des yeux, et vous le voyez bientôt franchir les hautes portes de la cité. En haussant les épaules, vous reprenez votre chemin et, vous mêlant à la foule grouillante qui se bouscule dans les ruelles d'Arksor. vous arrivez rapidement au bazar.

Et maintenant, commencez l'aventure.

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