Lecture des livres dont vous êtes le héros
5 Février 2013
Mais Loup*Ardent se contente de hausser les épaules et quitte la grande galerie, s'attendant toujours à quelque sortilège qui ne vient pas.
La partie du château dans laquelle il pénètre lui est complètement inconnue, bien que, logiquement, il ait dû la traverser pour atteindre la galerie. Il se trouve dans une antichambre ouverte, décorée avec la plus grande opulence, dans laquelle les visiteurs devaient autrefois attendre le moment de faire leur cour au Seigneur. Maintenant, les ors sont ternis, les meubles délabrés. Près de la porte, un squelette est étendu sur une pile de coussins orientaux. En passant à côté de lui. il a brusquement l'impression que le squelette a bougé, mais quand il se retourne et l'observe attentivement, il ne voit que des ossements blanchis.
Loup'Ardent se rend compte qu'il a tout intérêt à quitter au plus vite le château... et la vallee. Car , même si Xandine a menti au sujet du Verrou Temporel, il est évident que Loup*Ardent a tout à gagner à mettre le plus de distance possible entre lui et cet endroit maudit. Il sort de l'antichambre et s'arrête au sommet d'un large escalier qui descend vers ce qui paraît être un vestibule revêtu de marbre. Au fond, il aperçoit les hautes portes qui doivent conduire à l'extérieur. Il commence à descendre et il sent les marches s'effriter sous ses pieds. Il presse le pas.
Des gens sortent des corridors donnant sur le vestibule. Il y a quelques hommes, mais surtout des jeunes femmes. Loup*Ardent bat des paupières, car sa première impression l'a trompé : ces femmes ne sont pas jeunes, mais plutôt mûres... non, vieilles. Les marches de l'escalier s'écroulent et Loup'Ardent bascule en avant, cramponné à la rampe qui, elle aussi, s'effondre. Les gens du vestibule s'affaissent... il voit une radieuse jeune fille se transformer en un instant en un amas d'ossements semblable à celui qui était étendu sur les coussins orientaux.
Il entend, sans rien sentir, les mugissements du vent. Quelque pan, au loin, quelqu'un ou quelque chose pousse des cris stridents. Les mots « Verrou Tempo-rel » lui viennent à l'esprit. Contre son flanc, Exterminator, assoiffé d énergie vitale, se met à hurler, torturé par quelque mystérieuse et horrible agonie. Loup*Ardent est pris de vertige. Il tombe. Autour de lui, la structure même du château semble vaciller, onduler...
Et ainsi s'éteint le Verrou Temporel, entraînant malheureusement avec lui notre soupçonneux héros.