Lecture des livres dont vous êtes le héros
27 Janvier 2013
L'homme s'est penché vers vous et regarde d'un air désolé le sang couler de votre nez. — Te voilà bien mal en point, pauvre damoiseau, dit-il, mais aussi, quelle idée de t'enfuir ainsi. Ai-je donc l'air si mauvais ? C'était plutôt à moi d'avoir peur. Allons, viens.
Il vous aide à vous relever et vous fait asseoir sur le tabouret, puis il prend un morceau d'étoffe, verse dessus un peu d'eau de la cruche posée sur la table et vous essuie le visage. Le sang est bientôt étanché et la douleur s'apaise, mais la blessure qu'a subie votre amour-propre continue, elle, de vous faire cruellement souffrir. C'est la première fois que vous rencontrez un homme et déjà, vous vous ridiculisez. De plus, vous avez fait preuve de couardise, ce dont votre mère serait navrée si elle l'apprenait. Quant à votre soeur, si elle aussi savait que vous avez tenté de vous enfuir la première fois que vous avez vu un homme, elle ne vous épargnerait pas ses quolibets ! Bref, les choses commencent plutôt mal !
— Pourquoi as-tu pris mon épée et tout mon attirail? demande l'homme. Tu me sembles un peu jeune et bien maladroit pour jouer à la guerre. Vous lui expliquez alors que vous n'avez l'intention de faire la guerre à personne, mais que vous avez besoin d'armes pour vous défendre.
— Que fais-tu donc seul sur les chemins? Et d'abord, d'où viens tu ? interroge l'inconnu.
— Je viens... de très loin, vous contentez-vous de répondre.
— Et tes parents, où sont-ils ?
Voilà une question bien embarrassante : vous ne pouvez évidemment pas lui révéler ce que, de toute façon, il ne croirait pas. Cet homme paraît bien disposé à votre égard ; apparemment, il ne vous en veut pas d'avoir pénétré chez lui sans avoir été invité. Il faut profiter de la situation. Peut-être pourra-t-il vous aider si vous savez vous y prendre ? La meilleure tactique à adopter, c'est de faire appel à ses sentiments. Une idée vous vient alors à l'esprit.