Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Novembre 2013
Levarus revient comme prévu une heure plus tard.
— Êtes-vous décidé, fils de Xandine ? Loup*Ardent hoche la tête.
— Je ne veux offenser personne, dit-il gravement, mais si j'ai peu de goût pour la magie, je n'en ai vraiment aucun pour la nécromancie. Je préfère donc chercher la Guilde des Alchimistes. Pouvez- vous m'indiquer le chemin ?
— Je peux vous souhaiter bonne chance, en souvenir de votre père, dit Levarus, mais pour le chemin, la vieille inimitié, existant entre les Alchimistes et les Nécromanciens m'interdit de vous aider,
— Comme vous l'entendez, dit Loup*Ardent en haussant les épaules et il prend congé.
A nouveau dans les rues étroites, il demande sa route à des passants. Beaucoup essaient de le renseigner mais leurs informations ne l'aident guère : étranger au dédale de ruelles de la vieille Cité, Loup*Ardent ne comprend rien aux indications qui lui sont données, et il erre ainsi pendant presque une heure, Puis il finit par s'arrêter. Ses pas Pont conduit sur une place carrée. Un marché, très certainement, car elle est bordée de nombreuses échoppes. L'en- droit est animé, grouillant de clients qui se pressent devant les étalages tenus par des marchands gras et barbus. Devant la plupart des boutiques se tient un Garde, signe muet de l'insécurité qui régné dans la Cité.
Loup*Ardent se dirige vers une échoppe encombrée d'ustensiles en cuivre, lorsqu'un léger attouchement sur son bras lui fait tourner la tête.
— Vous avez l'air soucieux, Sorcier. Peut-être puis- je vous distraire quelques instants ?
La femme est mince, brune, et d'une remarquable beauté. Elle est curieusement vêtue pour une courtisane, avec son pantalon de velours, et sa blouse blanche à col haut. L'espace d'un instant, sa présence trouble Loup*Ardent, mais sa mission ne peut souffrir aucun retard, et il sourit en dégageant son bras. Sans ajouter un mot, la femme hausse les épaules, fait demi-tour, et s'éloigne.
— Attendez ! crie Loup*Ardent, Car peut-être cette femme sait-elle où est la Maison de la Guilde des Alchimistes, Et quelques pièces d'argent pourraient certainement acheter le renseignement. Loup* Ardent met la main à sa poche pour en tirer sa bourse. Mais la bourse a disparu ! Il reste abasourdi pendant quelques secondes, puis il plonge au milieu de la foule pour rattraper la jeune femme. Mais à peine a-t-il fait quelques pas qu'un énorme gaillard à la barbe rousse lui barre la route, et lui déclare d'un ton railleur :
On dirait que la petite dame ne veut pas faire affaire avec vous, Étranger !
— Écartez-vous, grogne Loup*Ardent, furieux du vol de sa bourse.
— Tiens tiens... notre sorcier serait-il de mauvaise humeur ? Et si je ne voulais pas bouger ?... Loup*Ardent met la main sur la garde d'Exterminator, qui déjà mugit dans son fourreau, impatiente d'agir. Mais il ne veut pas tuer cet homme ; il désire simplement lui faire peur afin qu'il lui laisse le champ libre.
Sans paraître le moins du monde épouvanté, l'homme tend le bras et, de sa main, il pousse violemment Loup*Ardent qui fait un pas en arrière, et trébuche sur un individu de petite taille qui s'était accroupi derrière lui. Il tombe de tout son long, mais se remet vite sur pied, d'un bond, à la façon des Barbares, tirant son épée dans le même mouvement. Mais l'homme à la barbe rousse, son complice, ainsi que la jeune femme ont disparu, et Loup*Ardent se retrouve face à une foule de badauds qui étouffent leurs rires à la vue d'Exterminator. Écumant de rage, Loup*Ardent se tourne en tous sens, contrôlant à grand-peine sa lame démoniaque qui décrit des moulinets en direction de la foule. Laquelle ne tarde pas, d'ailleurs, à se disperser dans la confusion la plus totale, laissant la place à six Gardes menés par un Sergent, qui se précipitent vers lui.
— Lâchez cette arme, Étranger ! hurle le Sergent.
Voilà notre héros dans une situation fâcheuse. S'il obéit à l'ordre du Sergent, c'est à coup sûr la prison qui l'attend. Et il n'a pas la moindre minute à perdre. S'il refuse d'obéir, il va devoir livrer combat... contre sept adversaires ! Il faut prendre une décision, et vite.