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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Un gros dossier de documents qui ont trait à la réserve de Pouvoir et au champ de forces, et nombre d'entre eux sont couverts de calculs de l'écriture familière de Voltar. C'est avec le sentiment aigu d'une perte irréparable que Loup*Ardent entreprend de les examiner. En les feuilletant, il tombe sur une enveloppe cachetée avec la propre chevalière du Roi et il constate avec surprise qu'elle porte la suscription manuscrite « Seigneur Xandine ». Il l'ouvre et son instinct barbare à demi oublié fait trembler sa main. L'écriture est aisément reconnaissable :

« Cher Loup*Ardent, dit la lettre, j'ai donné des instructions pour que cette missive vous soit remise au cas où je viendrais à mourir, mais comme la mort d'un roi provoque souvent une certaine confusion, je la laisse ici, certain que, avec votre obsession de la prospérité de nos régions les plus arides, vous ne tarderez pas à la trouver, même si mes directives sont temporairement négligées. » Bien que je sois mort, vous ne devez pas me pleurer. Je connais votre loyauté et votre affection, et cela me suffit. L'affliction est un luxe que ni vous ni le royaume ne pouvez actuellement vous permettre. » Vous et moi avons longuement discuté de l'utilisation du Pouvoir à des fins agricoles. Vous avez certainement estimé que mon opposition relevait à la fois de l'entêtement et d'un jugement erroné. Mais c'était uniquement parce que je vous avais caché quelque chose.

» Au cours de mes années de règne, depuis que vous m'avez éveillé, le Harn n'a pas été troublé par notre ennemi héréditaire, la Horde des Démons. On admettait depuis longtemps, bien entendu, que mes capacités personnelles en matière de sorcellerie étaient en partie responsables de cette heureuse situation, mais personne ne m'a demandé d'éclaircissements sur ce point, et je n'ai pas jugé utile d'informer qui que ce soit de la nature du sortilège qui nous a préservés de toute invasion. » Mais je dois maintenant parler. Peu de temps après être remonté sur mon trône, j'ai consacré la quasi-totalité des réserves de Pouvoir du royaume à l'édification d'un subtil champ de forces autour de notre territoire. Ce champ de forces est perméable aux mortels : des caravanes de marchands le traversent quotidiennement sans même soupçonner son existence. Mais, de par sa nature, il constitue une barrière efficace contre la Horde. C'est ce champ de forces qui a assuré la sécurité du Harn, et c'est là que réside le problème auquel vous, mon ami très cher, devez maintenant faire face. Le champ de protection ne peut pas survivre à ma mort. Le Pouvoir résiduel le maintiendra peut-être durant quelques heures ou quelques jours, voire, en certaines circonstances, durant quelques semaines, mais, en mon absence, il finira par s'effriter. Rien n'est aussi inéluctable. » Vous trouverez dans ces documents des détails plus circonstanciés sur le champ de forces. Ils vous convaincront rapidement que ni vous, ni qui que ce soit d'autre au Harn, ne peut le maintenir après ma mort. En vérité, je vous le dis : la seule chose susceptible de le régénérer est un merveilleux talisman magique, façonné en des temps très anciens et connu sous le nom d'Orbe d'Or de Chakran Dis. J'ignore où se trouve actuellement ce talisman. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut que vous le trouviez... et vite. » Mes recherches m'incitent à penser que l'Orbe est placé sous la garde de la Congrégation des Sœurs de la Gegum, mais rien ne prouve que les nonnes-sorcières vous aideront à le découvrir : leur conception du Destin diffère grandement de la nôtre. Néanmoins, vous devez essayer. C'est tout ce que je vous demande et tout ce que je suis en droit d'exiger de vous.

» Loup*Ardent, Seigneur Xandine, vous avez, de bien des manières, été pour moi comme un fils. Je vous connais suffisamment pour savoir que vous n'avez aucun besoin — et peu de désir — d'argent, de biens ou d'honneurs, en sus de ceux que vous a légués votre véritable père. Je tiens cependant à vous laisser un souvenir de l'affection que je vous porte. C'est pourquoi je vous lègue la grande bague que vous avez si souvent admirée à mon doigt. Puissiez-vous la conserver éternellement. » La lettre est simplement signée Voltar. Au moment où Loup*Ardent la repose, les larmes aux yeux, Olric fait son entrée.

-J'ai interrogé personnellement les gardes, commence le Régent, et je suis sûr de leur... Mais Loup*Ardent l'arrête d'un geste.

Excusez-moi, Olric, dit-il gravement, mais je crois que vous devriez lire ceci. Olric prend la lettre et la parcourt rapidement, puis il fait une pause et la relit plus attentivement. Lorsqu'il a fini, il lève les yeux.

— Voilà en vérité une nouvelle désastreuse, Loup* Ardent. Vous allez vous mettre en quête de l'Orbe ?

— Certainement, acquiesce Loup*Ardent. Je désire jeter un dernier regard sur la dépouille de mon ami, après quoi j'irai défier la Gegum dans son repaire. Et si les sorcières refusent de l'aider, songe-t-il tout bas, il leur arrachera le secret de la gorge de ses propres mains.

Loup*Ardent et le Chevalier Régent Olric se rendent ensemble dans la salle du trône où repose le corps du roi Voltar. L'immobilité de la mort elle-même ne saurait lui ôter sa majesté, mais Loup*Ar-dent, en le contemplant avec tristesse, remarque que la grande bague qui orne les mains croisées est maintenant terne et sans vie. ,

C'est cette bague que le Roi a léguée à Loup*Ardent. Mais celui-ci doit-il entrer dès maintenant en possession de son legs ?

Si oui.

Si, au contraire, il préfère aller d'abord vers la Gegum.

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