Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Novembre 2013
La fillette est rapide, mais Loup*Ardent est plus rapide encore. Et il l'attrape par le bras au moment où elle allait s'engouffrer sous un porche. Elle se débat comme un beau diable, mais Loup*Ardent ne lâche pas prise.
— Et maintenant, dit-il, que ça te plaise ou non, tu vas me guider jusqu'à la Guilde des Alchimistes. Pendant quelques instants, elle cherche encore à lui échapper puis, elle semble se résigner.
— Cela vous coûtera une autre pièce d'argent, dit- elle d'un ton revêche, sans paraître le moins du monde intimidée par la robe de sorcier et l'épée de Loup*Ardent.
Loup*Ardent soupire, et il sort sa bourse. Depuis qu'il a quitté le Désert, il sait que l'argent est une des divinités du Harn, La fillette prend la pièce qu'il lui tend et, après l'avoir mordue pour s'assurer qu'elle est en véritable argent, elle la cache sous sa tunique.
— Allons, dit Loup*Ardent, ne perdons pas de temps. Je dois arriver à la Maison de la Guilde avant la nuit.
— Avant la nuit ? demande la fillette avec méfiance. Loup*Ardent hoche la tête.
— Avant la tombée du jour, insiste-t-il-
Alors vous avez de la chance, reprend-elle. La Maison de la Guilde se trouve de l'autre côté de la rue. Et du doigt, elle indique une vieille, mais imposante bâtisse de pierre grise, à la lourde porte en chêne. Aucune inscription, aucun signe particulier ne la distingue des maisons qui l'entourent, comme Loup*Ardent en avait été prévenu. Car ceux qui veulent avoir affaire avec la Guilde doivent savoir faire preuve d'initiative.
— Je peux partir, maintenant ? demande la gamine. Loup*Ardent acquiesce d'un signe de tête, puis il traverse la rue, et s'arrête devant la porte en chêne. Il frappe et, après ce qui lui semble une éternité, la porte s'ouvre. Un vieil homme émacié, vêtu d'une robe violette, décolorée, le dévisage d'un air sombre, au seuil d'un sinistre hall d'entrée.
— Je suis le Seigneur Xandine, dit Loup*Ardent, utilisant le titre que lui a laissé son noble père. Je dois voir le supérieur des Alchimistes. Pendant quelques secondes, le vieil homme reste muet. Puis, il ébauche un pâle sourire.
— Dans ce cas, il vaudrait mieux vous présenter à la Maison de la Guilde des Alchimistes, Seigneur Xandine, répond-il.
— Comment? Ce n'est pas ici? demande Loup*Ardent. Et il ne tarde pas à comprendre qu'il a été roulé une fois de plus par la fillette !
— Vous êtes devant la Maison de la Confrérie des Nécromanciens. Tandis qu'il prononçait ces mots, le vieil homme a détaillé Loup*Ardent. Il a remarqué sa puissante carrure, sa robe de sorcier, la finesse de son épée. Mais peut-être trouverez-vous ici ce que vous cherchez, reprend-il en s'inclinant en signe de bienvenue. Vous pouvez entrer.
Que va faire Loup*Ardent ? Il ignore toujours où se trouve la Maison de la Guilde, et il s'est complètement égaré au cœur de la vieille Cité. A un point tel qu'il lui serait impossible d'en sortir, s'il le désirait. Il sait d'autre part, que les Nécromanciens ont leurs propres rites, leurs propres épreuves, et qu'il pourrait, grâce à eux acquérir du Pouvoir.