Lecture des livres dont vous êtes le héros
25 Mars 2014
Je sentis un mouvement dans mon dos. C'était Kity qui me frôlait les mains de sa blanche fourrure et qui commençait à effilocher grâce à ses puissantes incisives le chanvre de mes liens. Mon animal de compagnie avait compris que je me trouvais en fâcheuse posture ou alors, ne supportait pas de voir son maître privé de ses mouvements. Quoiqu'il en fût, l'initiative du furet me combla d'aise et je l'encourageai de la voix au grand étonnement des plus proches prisonniers. Il ne lui fallut guère de temps pour réduire la corde à quelques fils tressés que je cassai d'un coup sec. Les mains enfin libres, je défis le noeud entravant mes chevilles puis prit pris le temps de flatter Kity en lui caressant son adorable petite tête.
Mes autres compagnons de cellule commencèrent à s'agiter en voyant mes attaches tomber au sol mais le barbu leur intima le silence avant de se tourner vers moi.
− Fais attention, les gardes ne doivent pas être loin, me souffla-t-il. J'acquiesçai en silence puis m'approchai des planches espacées qui nous séparaient du tunnel. Ce dernier était également éclairé par des torches et je n'y vis personne en faction. Certaines des planches dans la herse de fortune avaient été sciées en deux endroits pour former une porte
verrouillée au moyen d'un cadenas. Je n'en crus pas mes yeux quand je vis la grosse clé en fonte qui en dépassait.
La négligence du geôlier me sidéra mais je pris finalement cet heureux coup du sort comme une compensation pour tous les malheurs que j'avais connus depuis le début de mon voyage. Derrière moi, un des captifs m'interpella.
− Eh, libère-nous ! Ne nous laisse pas moisir ici.
− Non, s'interposa le barbu. Pars maintenant, petit. Essaie plutôt de trouver où ces sales bandits ont emprisonné Siméon. Il saura comment nous sortir tous de ce pétrin.
− Ce sera trop tard ! glapit le premier prisonnier. Ils vont venir nous tuer avant que quiconque n’ait eu le temps de nous sortir de là.
− Et à plusieurs, nous aurons plus de chance de nous en tirer si les gardes sont dans le coin, surenchérit un autre. Des murmures d'approbation parcoururent l'ensemble du groupe et tous me supplièrent de leur ôter leurs cordes pour m'accompagner. Mais le barbu haussa la voix.
− Au contraire. Ils vont vite nous repérer si on essaie tous de s'échapper et ils sont bien trop nombreux pour que nous puissions les vaincre. Va t’en, gamin. Cours chercher Siméon s'il est encore temps de le sauver.
Je me trouvais face à un terrible dilemme. Le barbu avait sans doute raison : tout seul, j'avais bien plus de chances de quitter discrètement cet endroit qu'en compagnie des autres prisonniers. Mais par ailleurs, ces Zalténites semblaient d'une cruauté sans égale et je redoutais de laisser ces malheureux dans les griffes des pillards.
Si Joan prend seul la poudre d'escampette.
S'il préfère dénouer les liens des prisonniers et tenter une sortie groupée.