Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Je rouvris les yeux et l'instant d'après, une vague de chagrin me submergea quand le souvenir des derniers événements remonta à la surface de mon esprit cotonneux. Une partie de moi avait conscience que mon corps était étonnamment reposé après les combats précédents mais mon chagrin était tel que je n'y fis pas attention.
Joan regagne 10 points de Vitalité.
J'étais allongé sur un lit, dans une pièce sombre. Une femme au visage bienveillant se tenait à mon chevet et m'enveloppa d'un regard maternel quand elle me vit réveillé.
− Tu as beaucoup dormi, jeune guerrier. Mais ce n'est guère étonnant avec toutes les blessures que tu avais reçues. Je les ai soignées de mon mieux mais je n'ai pas pu te mettre autant de pommade que je l'aurais voulu. Tu devrais rester encore couché pour que ton corps cicatrise mieux. Je vais te préparer un bouillon, si tu veux.
Son sourire se figea comme je détournais les yeux sans répondre. Je savais que je lui causais de la peine en me comportant ainsi mais je gardais les lèvres serrées et me levai avec lenteur de la couche. Peut-être apeurée par mon expression empreinte de vacuité, la femme ne chercha pas à me retenir alors que je gagnais la porte.
Dans la rue principale, le calme était revenu et la montagne de cadavres avait disparu. Une odeur de chair brûlée flottait dans l'atmosphère et je vis un panache de fumée noire qui s'envolait dans le ciel à quelque distance du village. Le soleil déclinait mais le soir était encore loin de tomber.
A proximité de la forêt, des villageois travaillaient à enterrer leurs morts. Je m'approchais d'eux mais personne ne parut faire attention à moi. Les fossoyeurs oeuvraient en silence, sans se plaindre de la dureté du sol et de l'ampleur de leur tâche. Des enfants n'ayant pas connu dix printemps s'échinaient sur des pelles, sans doute pour creuser les tombes de leurs propres parents, aux côtés de vieillards faisant de même vis-àvis de leur progéniture. Je ne parvenais pourtant pas à m'apitoyer sur le sort de ces gens.
Si Joan a déjà parlé avec le forgeron d'Asguenn,