Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Ni mes armes, ni les objets que je transportais dans mon sac à dos n'étaient assez coupants pour venir à bout de la corde qui me retenait. A court d'idées, je commençai à me tortiller dans l'espoir farfelu d'attraper le collet à mains nues. Mes efforts eurent pour seul effet d'imprimer à la corde un mouvement croissant de balancier et soudain, la branche qui la soutenait céda dans un effroyable craquement. Surpris, je n'eus pas le temps de me préparer à la chute et je tombai lourdement au sol. Ce dernier était meuble et je m'en serai sorti sans trop de dommages si la branche ne s'était pas abattue sur mon crâne. Joan perd 4 points de Vitalité. Malgré la douleur, je parvins à garder conscience et vis Ana qui s'approcha de moi en courant, une expression inquiète sur le visage.
Quand je voulus me redresser, je perdis l'équilibre et elle me soutint pour m'aider à me remettre sur mes pieds. Il me fallut un certain temps avant de reprendre parfaitement mes esprits.
− Tu crois que ce sont les Zalténites qui ont tendu ce piège à notre attention ? lui demandai-je en massant l'énorme bosse apparue sur mon cuir chevelu.
− Non, c'est un collet pour le petit gibier et c'est sans doute pour ça que la branche n'a pas tenu sous ton poids. La plupart des hommes du village en posent dans la forêt pour améliorer l'ordinaire. On peut dire que tu n'as vraiment pas eu de chance. Ou alors, c'est moi qui en ai eu d'être passée juste à côté sans tomber dedans ! fit-elle avec un irrésistible
sourire.
− La forêt est truffée de pièges ? Bon. Nous n'avons plus qu'à continuer en prenant garde où nous mettons les pieds. Après vous, mademoiselle.
La galanterie m'oblige à ne pas vous passer devant, ajoutai-je en dévoilant toutes mes dents.
Ana leva les yeux au ciel, l'air faussement excédé par mon humour quelque peu ironique.
− Tu as raison. Mieux vaut que je continue à nous guider. Nous n'arriverons jamais à temps si tu t'amuses à faire plusieurs fois le pitre en haut des arbres.
Sans me laisser l'occasion de répliquer, elle joignit le geste à la parole et repartit à travers les fourrés dans une direction connue d'elle seule.
Quelques minutes après cet incident, nous croisâmes des cercles d'herbe calcinés au milieu desquels apparaissaient quelques morceaux de brûlots. Je reconnus là l'activité d'un charbonnier et au même moment, Ana se retourna pour m'intimer le silence, l'index dressé en travers de sa bouche. Son doigt tendu m'indiqua ensuite l'orée d'une large trouée au
milieu de la forêt à une vingtaine de mètres devant nous. La clairière était artificiellement illuminée sans que je puisse trouver la source exacte de cet éclairage. Trois silhouettes semblaient occuper les lieux près d'une maisonnette en torchis mais je n'eus pas l'occasion d'en distinguer plus car Ana s'allongea dans l'herbe et se mit à ramper dans la direction des hommes. Je l'imitai et nous parvînmes sans nous faire remarquer jusqu'à un mélèze au tronc épais derrière lequel nous pouvions épier la clairière en toute quiétude.