Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Le pain et le fromage apportés par le bourgmestre se révélèrent très goûteux et je fis honneur à mon hôte en n'abandonnant aucune miette. Même le vin était excellent et la tentation me prit de vider la carafe entière. Mais la perspective d'une gueule de bois pour mes tractations du lendemain freina mes ardeurs et je me contentai sagement de quelques
lampées. Malgré cette prudence, la tête me tournait à la fin du repas, à un point tel que je dus m'allonger sur ma couche pour ne pas défaillir. Un lent martèlement s'amplifiait dans les tréfonds de mon crâne. Sur ma langue étrangement sèche persistait un goût de poussière et de poivre mélangés et je compris trop tard que l'on avait drogué ma nourriture. Sans un cri, je succombai à mon empoisonnement et sombrai dans le néant.