Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

235

J'eus l'intuition que lui dire la vérité, lui avouer que je cherchais à mettre la main sur
Balezon pour l'interroger au sujet des pillards, ne pouvait me valoir aucun écho positif en
retour. Je roulai donc des yeux, mit mes deux poings serrés sur la table pour me
rapprocher du capitaine et adoptai un ton furibond.
· " Je ne veux point critiquer votre équipage, capitaine. Mais il y a que ce vieil empaffé
m'a grugé pas moins de six pistoles au jeu et que j'aimerais bien avoir une petite
discussion avec lui. Je sais pas pour vous mais moi, j'ai horreur des tricheurs ! "
Il resta pendant quelques instants sidéré, me contemplant sans mot dire, visiblement peu
habitué à de telles explosions dans l'intérieur douillet et feutré de sa cabine. Quand il se
ressaisit, un large rictus fleurit sur ses lèvres noircies par le tabac avant qu'il ne se rejetât
en arrière dans sa chaise en éclatant d'un rire bref et sonore.
· " Ça ne m'étonne pas du grand-père ! Mais tu as raison, je ne suis pas le chef d'une
bande de pirates et je ne veux pas qu'on ternisse la réputation du Chien de Mer avec
des broutilles de ce genre. Viens avec moi, on va tirer cette affaire au clair. "
Le capitaine attrapa une pipe froide, prit le temps de la rallumer, puis se leva pour sortir
de sa cabine. Je le suivis jusqu'aux quartiers de l'équipage où nous nous arrêtâmes devant
une porte au pied de laquelle séchait une flaque de vomissure. Il considéra cette dernière
d'un oeil sombre avant d'agripper fermement la poignée... qui ne bougea pas d'un pouce.
Les sourcils froncés rendant son visage encore plus sévère, le capitaine poussa de l'épaule
en hurlant à travers le battant.
· " Qu'est ce que c'est que cette histoire ? Balezon ! Klanne ! Firdou ! Ouvrez cette
porte ! "
Un bruit sec puis un grincement se firent entendre en provenance du dortoir. Mais
personne ne vint nous ouvrir. Dans un cri de rage, le capitaine recula puis frappa d'un
violent coup de pied le bois qui céda sous l'impact.
Les couchettes à l'intérieur étaient vides. La seule présence dans la pièce était celle d'un
individu malingre aux cheveux gris qui, sous nos yeux héberlués, était en train de se
faufiler à travers un hublot. Nous n'eûmes pas le temps de réagir qu'il avait déjà disparu.
Le son produit par un corps tombant dans l'eau parvint dans la foulée jusqu'à nos oreilles.

Si Joan ne porte pas de cotte de mailles, il peut suivre le fuyard par le même chemin,

s'il ne souhaite pas prendre un tel risque, il court sur le pont pour rejoindre le quai par la passerelle.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article