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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Le terrain descendait en pente douce au fur et à mesure que je m'éloignais des contreforts montagneux. Je me mis à marcher d'un pas plus mesuré sous le couvert de majestueux mélèzes, estimant enfin que je ne craignais plus d'être poursuivi par les Zalténites ou par leurs monstrueux animaux de compagnie.
Ne connaissant pas les lieux, je n'avais évidemment aucune idée de l'endroit où je me situais. Peut-être au sud d’Asguenn vu que les mines de Galabad se trouvaient de ce côté de la communauté mais je ne pouvais en être certain. Tandis que je me frayais un passage à travers les fougères et les buissons, je ressassais les récents événements qui avaient
failli me coûter la vie. Le récit du prisonnier à la barbe fournie impliquait que mon seul moyen de récupérer des armes à Asguenn était de contacter le chef de la résistance, ce fameux Siméon. Mais j'hésitai sincèrement à risquer ma peau pour les villageois. Je n'étais pas un maître d'armes et chacun de mes ennemis était en mesure de me trucider dans un combat singulier. De plus, la forêt semblait très vaste et je n'avais aucune indication pour trouver la cabane dans laquelle il était retenu captif par les Zalténites. Cependant, la lâcheté n'était pas un défaut admis par la stricte éducation que m'avait inculqué mon père et je
savais que les remords me rongeraient longtemps si je ne faisais rien pour aider les habitants d’Asguenn. Je me doutais en outre n'avoir désormais plus aucune chance de récupérer mon chariot sans l'aide de ce Siméon.
La mort dans l'âme, je poursuivis ma marche qui me fit croiser une piste étroite et je décidai de la suivre en partant du principe qu'elle me conduirait plus rapidement hors des bois.
Je croisai bientôt des cercles d'herbe calcinée puis je m'accroupis prudemment quand j'aperçus l'orée d'une clairière illuminée à faible distance devant moi. Trois silhouettes semblaient occuper les lieux près d'une maisonnette en torchis et je compris avec étonnement que je venais de découvrir, par pur hasard, la prison improvisée dont m'avait
parlé le barbu. Mais je n'eus pas l'occasion d'en distinguer plus car mon attention fut accaparée par une présence toute proche. Cachée derrière un mélèze au tronc épais, une personne vêtue d'une houppelande surveillait la clairière, visiblement peu désireuse de se faire remarquer par les gardes. Elle se trouvait à seulement une trentaine de pas de moi mais ne m'avait pas entendue venir et était inconsciente de ma présence.
L'inconnu changea légèrement de position et je constatai avec surprise qu'il s'agissait d'une femme.

Si Joan a eu l'occasion de voir un unijambiste à Asguenn,

sinon.

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