Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
Je supposai qu'il me fallait détendre la voile à l'aide d'un cordage attaché à sa base afin
que mon bateau puisse accomplir un demi-tour. Je saisis donc le filin en question d'une
main, le délivrai des attaches en forme de pinces où il était coincé puis laissai doucement
le chanvre glisser entre mes doigts.
J'avais les yeux rivés sur la voile qui, comme je l'avais escompté, n'avait plus de prise au
vent et claquait lamentablement tandis que l'esquif commençait à pivoter sur lui-même.
Je ne vis donc pas le mouvement symétrique de la vergue qui me percuta violemment la
tempe.
J'eus la brève sensation de basculer par-dessus bord avant de m'évanouir. Je ne ressentis
donc pas la froidure de l'eau, ni les arêtes coupantes des récifs sur lesquels se heurta
maintes fois ma pauvre carcasse de noyé.