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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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267

Je retirai le napperon de laine étendu sur une large commode pour en recouvrir le corps
de mon camarade. Un geste plus destiné à me protéger la vue de ce spectacle
difficilement soutenable qu'à remplacer un semblant d'inhumation. Comme mes jambes
flageolaient, je m'adossai à la porte pour ne pas m'effondrer, avant de glisser sur le sol et
d'y demeurer ainsi de longues minutes, prostré, la tête enfouie entre mes bras croisés.
Des voix ténues de l'autre côté du battant m'obligèrent alors à m'extirper de ma torpeur.
Des appels gémissants et indéniablement humains. Un sentiment de panique me donna
soudain envie de m'enfuir. Je craignais trop de rencontrer d'autres camarades mutilés de
l'autre côté de la porte.
Maîtrisant pourtant mes émotions, j'ouvris lentement cette dernière pour découvrir une
chambre encore somptueuse malgré les bibelots renversés et les meubles fracassés. Sur un vaste lit à baldaquin étaient allongés sur le dos deux hommes et une femme, entravés par des cordes qui les ficelaient des chevilles à la poitrine. Tous trois avaient la tête tournée dans ma direction et une intense lueur d'espoir brilla dans leurs yeux quand ils m'aperçurent.
- " Samara a entendu nos prières ! gémit la femme aux joues dodues et aux cheveux
grisonnants nattés en macarons au-dessus des oreilles.
· Délivrez-nous, par pitié ! " implora l'homme le plus proche dont les beaux atours et la
relative corpulence dévoilaient son statut de seigneur.
Encore choqué par mes funestes retrouvailles avec Zentile, je restai figé quelques
secondes devant ce tableau inattendu. Les larmes qui coulaient le long des joues du
troisième personnage, un très vieux domestique à la livrée souillée de sang séché,
m'incitèrent enfin à accéder à leur demande. Tandis que je dénouais méthodiquement
leurs liens, la dame me harcelait de sa voix aiguë pour me presser d'en finir avant que les monstres cruels ne reviennent. Lorsque tous trois purent enfin se redresser et frictionner leurs jambes engourdies, le maître des lieux me serra vigoureusement la main.
· " Grand merci, jeune homme. Je suis le baron Albrecht, héritier du domaine du Bois
Gelé. Voici mon épouse Dame Myrcilla et Béricle, mon intendant. Avant tout,
sommes-nous à présent en sécurité ? As-tu chassé cette maudite bande de kayolins ?
Et où se trouvent les autres soldats que je leur témoigne également toute ma
reconnaissance ?
· Je suis seul, seigneur Albrecht. Quant aux kayolins, j'en ai seulement abattu sept ou
huit. Il vaudrait mieux se trouver un endroit plus sûr avant que le reste de la bande ne
nous tombe dessus.
· Sept ou huit ? A toi tout seul ? s'étonna le baron. Dans ce cas, il ne doit en rester
guère... "
Mon froncement de sourcils incrédule poussa mon interlocuteur à continuer.
· " Ces monstres sont arrivés il y a maintenant une semaine pour s'emparer de ma
demeure. Ils étaient alors plus nombreux, une vingtaine peut-être, et accompagnés par
trois sinistres guerriers protégés par de lourdes armures. "
Je hochai la tête en clignat des yeux à l'évocation de ces redoutables combattants.
· " Mes serviteurs ont tous été massacrés tandis qu'ils essayaient courageusement de
sauver nos vies ou de prendre la fuite. J'ignore pourquoi ils nous ont épargnés, moi,
mon épouse et Béricle, mais notre sort n'était guère préférable à la mort jusqu'à ce que
tu arrives. Oh certes, ils nous ont donné régulièrement à boire et à manger, mais nous
avons été maintes fois témoins de leur infâmie au cours de ces derniers jours.
· J'ai cru devenir folle ", s'exclama Dame Myrcilla avant de s'effondrer en larmes.
Le vieux serviteur s'approcha de sa maîtresse pour la réconforter tandis que le seigneur
poursuivait son récit sans tenir compte de l'interruption.
· " Mais la plupart sont repartis. Il n'étaient qu'une poignée encore ici à s'occuper de
nous. Tu viens de libérer le domaine du Bois Gelé, mon brave. Un bien bel exploit !
Cette bataille sera bientôt chantée dans toutes les tavernes du royaume, tu peux en
être sûr, s'exclama pompeusement le baron.
· J'ai trouvé un de mes compagnons dans l'antichambre. Mort malheureusement,
mentis-je machinalement pour occulter à mes propres yeux mon terrible geste. Savez-vous si d'autres soldats se trouvent ici ?
· Non, je ne pense pas. Celui-là est arrivé il y a peu. Il était déjà très blessé. Ils l'ont
malmené sous nos yeux, par simple cruauté. Plus tard, nous avons entendu ses cris.
C'est là que nous avons compris qu'ils n'allaient pas l'épargner ", ajouta-t-il avec un
frisson.
Ses derniers mots planèrent lourdement dans le silence qui suivit, seulement entrecoupé par les reniflements de la femme replète dans le mouchoir que lui avait trouvé son domestique.
· " Donc, les pillards ont un autre repaire, lâchai-je avec déception.
· Oui, et je serais bien en peine de t'informer à ce sujet. Mais je suis par contre en
mesure de te soulager de tes blessures. Vois-tu, ce châtelet a été édifié sur un lieu de
grand pouvoir, un endroit magique où se manifeste l'influence de Vannos, l'esprit
immortel du Froid et de la Glace. Il existe dans mes caves une salle qui soigne de tous
les maux celui qui s'y repose. Je propose que nous t'y accompagnions tous. Nous
avons bien besoin d'une telle guérison après les épreuves que nous avons traversées. "
Le suffisant seigneur commençait à me lasser mais j'acceptai son intrigante invitation. Je pris néanmoins le temps de fouiller le dernier kayolin dans l'antichambre sous le regard quelque peu dégoûté des trois rescapés. Je trouvai quelques pistoles dans les poches du cadavre ainsi qu'une curieuse pièce hexagonale taillée dans un métal sombre. Ajoutez 5 pistoles au contenu de la bourse et la pièce hexagonale aux objets divers.
Après une ultime prière pour l'âme du malheureux Zentile gisant sous son linceul
improvisé, je suivis le trio qui progressait prudemment à travers les pièces de la placeforte, craignant l'attaque de quelque ennemi ayant échappé à mon intrusion. Mais nous ne rencontrâmes aucun kayolin et descendîmes sans encombre jusque dans une pièce basse de plafond et éclairée par plusieurs flambeaux crépitants suspendus aux murs. De longues veines de cristal scintillaient à la surface des murs de pierre brute. Je m'assis en tailleur au milieu de cette étrange salle sous l'injonction du baron. Après quelques minutes de repos, mes blessures s'étaient miraculeusement refermées, je débordai de surcroît d'un sentiment de plénitude alors qu'une force nouvelle revigorait mes muscles mis à mal. Si Joan a déjà touché les veines palpitantes de cette salle, il regagne la moitié (arrondie au supérieur) de son total initial de Vitalité. Sinon, il regagne l'intégralité de sa Vitalité et de ses points d'Adresse éventuellement perdus.
Après cette guérison surnaturelle, Béricle nous proposa un repas de viande froide que
nous dévorâmes de bon coeur. Je révélai ensuite au baron ma volonté de partir
rapidement, chaque heure écoulée diminuant mes chances de retrouver la trace de mes
autres frères d'armes. Il ne savait que faire pour m'aider et me conseilla simplement
d'interroger les habitants de Stromness. Selon lui, les pillards ne pouvaient pas se cacher à proximité d'une ville comme Kalfirk ; leur repaire devait donc se trouver plutôt vers l'ouest de Vargass. Gardant pour moi ce que je pensais d'une telle assertion, je quittai le noble couple après avoir accepté de revenir plus tard leur rendre visite afin de recevoir une récompense à la hauteur de mon exploit, comme le souligna une fois de plus le baron.
Si Joan possède un carquois, il a pu le regarnir jusqu'à son maximum de 6 flèches en
dépouillant de ses munitions le cadavre d'un archer kayolin.

Si Joan possède désormais 3 pièces hexagonales ainsi qu'une cassette de bois blanc

Sinon, il peut partir en direction du nord pour atteindre le grand lac

ou plutôt vers le sud pour gagner le port de Kalfirk.

Joan ne peut pas se rendre dans un lieu de l'île qu'il a déjà visité.


Cependant, il a tout de même la possibilité de regagner le pont sur la Noss qui représente approximativement le centre de Vargass.

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