Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Après avoir marché sur une courte distance dans les bois, nous atteignîmes la chaussée par laquelle j'étais arrivé à Asguenn. Ana était impatiente de s'assurer que son père était revenu sain et sauf au village et nous avançâmes donc sur la piste à un rythme soutenu. Quand les premières habitations apparurent, j'incitai la jeune femme à ralentir pour
observer les lieux.
Une atmosphère paisible mais trompeuse baignait le hameau. Bien que la matinée fût déjà fort avancée, aucun autochtone ou Zalténite ne déambulait dans la rue et ce calme n'augurait rien de bon.
Nous quittâmes la piste pour nous faufiler à l'arrière des grands baraquements aux toits ardoisés. Lorsque nous arrivâmes à la hauteur du magasin de Galen Miramas, nous en rasâmes les murs puis frappâmes à sa porte en surveillant les alentours à la dérobée. Quelqu'un l'entrouvrit et nous entrâmes sans nous faire prier chez le négociant.
La pièce derrière la porte était bondée d'une quinzaine de personnes, en majorité des femmes. Ces habitants d'Asguenn tenaient tous des armes en main et ils poussèrent des exclamations soulagées en reconnaissant Ana. Siméon sortit du groupe pour serrer sa fille sur son coeur.
− Vous êtes enfin là ! Si tu savais comme je me suis inquiété…
− Tu n'avais pas à t'en faire. Joan était là pour me surveiller de près, rétorqua-t-elle en me lançant un sourire sibyllin par-dessus l'épaule de son père.
− Vous avez réussi à activer le concasseur ? me demanda ce dernier.
− Oui. Les mineurs ne sont pas arrivés ?
− Pas encore. Mais ils ne devraient plus tarder, maintenant. J'espère que les gars se souviennent qu'ils doivent nous rejoindre ici.
− Où est Galen ? questionna soudain Ana en dévisageant l'assemblée.
Un silence gêné tomba dans la pièce. Puis une villageoise coiffée d'un fichu et serrant le manche d'un épieu lui répondit avec des trémolos dans la voix.
− Ils l'ont tiré de son lit sans ménagement, comme pour Siméon hier matin. Ils ont fait un tel boucan que ça m'a réveillé et j'ai pu les voir en train de le rouer de coups dans la rue. Après ça, deux d'entre eux l'ont emmené en direction des mines…
Un vieillard posté à la fenêtre interrompit à ce moment le récit de la femme.
− Ils arrivent ! Ils arrivent !
Les villageois s'animèrent avec excitation pour se saisir d'autres armes qui reposaient par terre, le long d'un comptoir. Il y avait là des épées en grand nombre, mais aussi des épieux, des haches et même des masses d'armes. J'en ramassai autant que je pus puis suivis le mouvement à l'extérieur de la bâtisse. Arrivant de l'ouest comme nous l'avions fait
quelques minutes plus tôt, une foule de gens en haillons accouraient à notre rencontre, sans faire mine de se soustraire aux éventuels regards ennemis. Nous leurs distribuâmes à chacun une arme.
− Allons-y ! clama Siméon en brandissant une masse cloutée. Ils doivent être vingt, trente tout au plus à infester notre village. Boutons ces cafards hors de chez nous !
Des cris enthousiastes répondirent à son injonction. Attirés par la clameur, plusieurs pillards sortirent de divers bâtiments en réajustant leurs armures mais ils s'arrêtèrent à la vue de la foule en colère. Tous les hommes et femmes d'Asguenn s'éparpillèrent alors dans le hameau pour chasser les étrangers de leurs maisons.
Surpris par l'enchaînement rapide des événements, je vis Siméon foncer vers le manoir en compagnie de plusieurs hommes vigoureux. Un groupe de villageois près de nous se dirigea à l'assaut de la taverne et Ana s'apprêtait à les suivre, en dépit de toute prudence.
Si Joan désire apporter son aide dans l'attaque du manoir,
s'il préfère accompagner son amie à l'intérieur de la Petite Pépite.
S'il souhaite la convaincre de se mettre à l'abri, estimant être dispensé de bataille après les épreuves de la nuit,
ou s'il ne possède pas ce talent.