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Le forgeron respecta mon recueillement et resta même non loin de moi à attendre. Quand je me retournai enfin vers lui, il reprit la parole d'un ton désabusé.
− Dire que tout ça n'aura servi à rien. Je lui avais pourtant dit que nous n'étions pas assez forts, pas assez nombreux pour se battre. Là, nous avons réussi à en vaincre vingt-cinq. Mais ils sont deux fois plus dans les mines ! Et le bruit court qu'une armée serait en train de marcher sur Milona… Bon, ça, ce ne sont peut-être que des racontars mais il est certain que ceux dans les montagnes vont bien finir par revenir ici. Et alors, nous n'aurons plus qu'à nous soumettre à nouveau. S'ils acceptent de ne pas tous nous passer au fil de l'épée pour nous punir.

Le forgeron frissonna à cette évocation.
− Notre seule chance est que tu retournes chez toi, poursuivit-il comme je restais muet. Il faut absolument que quelqu'un prévienne les armées du roi de notre situation. Et tu as ta famille en danger. C'est bien pour ça que tu étais venu à Asguenn, non ?
L'argument fit mouche. Dans mon océan d'amertume et de désespoir, je me raccrochai comme à un radeau à l'image du Refuge assailli par ces mêmes pillards et cette vision dissipa ma torpeur. Je trouvai enfin la force de croiser le regard du forgeron.
− Je dois partir.
− Bien sûr. Je t'ai déjà préparé ce que tu voulais et je me suis permis de vider la carriole de ta cargaison. Il y a six arcs longs, autant de carquois, une vingtaine de cordes de rechange, un panier avec une cinquantaine de flèches et six excellentes épées. Enfin, mon épouse t'a préparé une collation dont tu me diras des nouvelles !
La jovialité feinte du brave homme ne m'arracha pas le moindre rictus mais je réussis à lui souffler un remerciement. J'avais désormais hâte de quitter ce lieu de mort et de tristesse et je ne pris pas la peine d'inspecter l'équipement fourni par l'artisan.
Alors que j'allais grimper derrière Bouffi qui avait visiblement été bouchonné en mon absence, je découvris par terre un heaume oblong et cabossé qui avait dû appartenir à l'un des pillards zalténites. Une bouffée de haine pure m'échauffa le sang à l'encontre de ce peuple qui m'avait volé mon amour éphémère et qui menaçait à présent d'éliminer mes proches. D'un geste rageur, j'arrachai les sangles du plastron que j'avais récupéré sur l'un de ces barbares puis me débarrassai de toutes les pièces d'armement caractéristiques de cette nation honnie. Otez de la liste des objets divers le plastron et le casque conique si Joan les portait. Modifiez en conséquence son total de Défense en supprimant les bonus conférés par ces objets. De plus, ôtez de la liste des armes le cimeterre ou le grand cimeterre si Joan en possédait. Il peut en compensation prendre une épée du chariot que vous ajoutez à la case armes dans ce cas. Je me saisis enfin des rênes de Bouffi et partit sur la route de l'ouest sans adresser le moindre regard en arrière à la communauté condamnée.

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