Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
Mes craintes se réalisèrent quand de petits nuages commencèrent à s'élever du sol et à se condenser autour de chaque pierre tombale. Un sifflement semblait monter des
profondeurs de la terre en même temps que ces fumeroles se stabilisaient, jusqu'à
constituer de grandes silhouettes efflanquées et noires comme la nuit. J'étais déjà en train de courir pour m'échapper de ce lieu infernal mais je ne pouvais pas faire abstraction des dizaines de robes flottantes qui m'entouraient à présent de toutes parts, des hardes sombres et élimées dont les capuches ne dissimulaient qu'à peine de cadavériques visages.
Les spectres émirent alors à l'unisson un unique cri, d'une stridence insoutenable, avant
de se diriger vers moi. Ils ne marchaient pas mais lévitaient à une demi-coudée au-dessus des herbes humides, s'approchant inexorablement de tous côtés dans un silence sépulcral.
Je hurlai de terreur sans jamais cesser de fuir. Devant moi commençaient à s'espacer les tombes et j'eus le fol espoir que les esprits ne me poursuivissent pas si je quittais leur dernière demeure. Par malheur, certains d'entre eux m'avaient presque rejoint et
cherchèrent à me couper la route en tendant devant moi leurs manches amples d'où
émergeaient des mains squelettiques.
Si Joan possède une broche en bois, il parvient à échapper aux revenants qui hésitent au dernier moment à s'approcher plus près.
S'il ne possède pas cet objet divers, il ne peut éviter les doigts de l'un des morts-vivants et ce bref contact se révèle aussi glacé que douloureux, aspirant son énergie vitale. Lancez alors un seul dé, le chiffre obtenu représentant le nombre de points de Vitalité perdus par Joan.
J'échappai finalement aux morts-vivants et finis par dépasser les dernières tombes. Je
continuai à courir comme un forcené jusqu'à ce que je m'embourbasse un pied dans une
flaque et me sois piteusement étalé dans la boue épaisse. Je me retournai aussitôt mais rien ne surgit des brumes pour se jeter sur moi. Rompu de fatigue et n'osant croire au miracle, je demeurai ainsi quelques minutes au sol à guetter le moindre mouvement mais le marécage avait retrouvé sa trompeuse sérénité, comme si les apparitions n'avaient jamais existé ailleurs que dans mes pires cauchemars.
Après m'être sommairement décrotté, je me décidai finalement à poursuivre sur le chemin en direction du nord, ne désirant pour rien au monde revenir sur mes pas.