Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
Persuadé que ce passage permettait d'accéder aux souterrains de la forteresse, je pris à la
fois mon courage et les échelons des deux mains pour entamer une descente à l'aveugle
dans le puits. Les pitons métalliques ne bougeaient pas d'un pouce sous mon poids et je
gagnai donc en assurance, une erreur que je payai aussitôt très cher.
L'un des taquets avait été si maladroitement planté qu'il suivait de trop près celui qui le
précédait. Comme j'étais incapable de déceler ce défaut dans le noir, ma botte rata
l'échelon et je lâchai en hurlant celui auquel j'étais suspendu sous l'effet de la surprise.
Ma chute s'interrompit brutalement sur un sol de terre meuble et froide. Lancez un seul
dé. Ajoutez 1 au chiffre obtenu pour connaître le nombre de points de Vitalité perdus par
Joan.
Mon genou s'était cogné contre une pierre affleurante et saignait abondamment. N'ayant
cependant rien de cassé et étant capable de me relever, j'ignorai la douleur que me causait
cette nouvelle blessure et entrepris d'explorer à tâtons le fonds du puits.
Je devinai un étroit boyau qui s'enfonçait à l'horizontale dans la direction du château.
Précédé par le trottinement de Kity qui partait de lui-même en éclaireur, je suivis ce
souterrain en laissant courir ma main gauche sur le mur glaiseux et grouillant de vermine.
Après de longues minutes de cet éprouvant parcours, mes yeux accoutumés à l'obscurité
devinèrent l'encadrement d'une porte. Mes doigts glissèrent sur de la pierre brute avant
d'agripper un anneau métallique que je tirai vers moi jusqu'à dégager le battant de son
encadrement. Je dus alors reculer devant le nuage de poussière qui s'exhalait par la mince
ouverture. Une fois celui-ci dissipé, je réitérai mon effort et parvins enfin à dégager un
espace suffisant pour m'y faufiler.
Je pénétrai dans une salle basse de plafond et rectangulaire, éclairée par plusieurs
flambeaux crépitants suspendus aux murs. Le sol dallé était lisse, vierge de poussière. A
l'extrémité de la pièce nue se profilait un escalier à rambardes qui devait donner accès
aux appartements de la forteresse. Seuls les murs avaient gardé un aspect naturel, voire
inachevé, car de longues veines cristallines couraient sur toutes leurs longueurs. Ces
filons palpitaient d'une lueur bleutée à un rythme régulier mais très lent, presque
hypnotique. Ce lieu étrange et guère rassurant était à l'évidence sous l'influence d'une
activité surnaturelle.
Si Joan s'approche de ces strates minérales pour les examiner,
s'il traverse la grande salle pour la quitter par l'escalier.