Lecture des livres dont vous êtes le héros
29 Mars 2014
Je décidai de couper à travers la lande en direction du havre sylvestre. Malgré la teinte de
plus en plus sombre du ciel qui annonçait un crépuscule précoce, la forêt me faisait l'effet
d'un refuge où j'allais me sentir plus en sécurité qu'au coeur des plates étendues.
J'atteignis l'orée du bois en toute fin d'après-midi, impatient de m'y mettre à l'abri des
flocons humides charriés par le vent. Mais au moment de passer sous la branche d'un
imposant sycomore, ma botte heurta un objet dissimulé parmi les hautes herbes. Intrigué,
j'extirpai de la végétation un poteau au bois vermoulu, nanti d'une pancarte clouée à son
extrémité. J'y déchiffrai péniblement les mots Domaine du Bois Gelé.
Après un temps d'hésitation, je laissai retomber l'objet puis repris ma progression sous le
couvert des arbres. Quel nom étrange pour un fief… Le bois en question ne me paraissait
pas vraiment justifier cette appellation car j'y trouvai au contraire la température
sensiblement plus clémente, la bise et la neige ayant plus de difficultés à sévir sous les
frondaisons des arbres à feuillage persistant qui dominaient en nombre les érables.
Les aiguilles, la mousse et les branchettes constituaient un tapis agréable à fouler. En
comparaison de l'horreur que j'avais vécue, les ombres fantasmagoriques des fûts et le
silence de la nature rassérénaient mon âme meurtrie. Lorsque la nuit installa son empire
en ces lieux, mes yeux s'étaient accoutumés à la pénombre et je continuai quelques temps
à arpenter le sous-bois.
Ce fut finalement la faim qui m'incita à interrompre mon errance nocturne. Enlevez un
repas au contenu du sac à dos ou Joan perd 3 points de Vitalité.
Mes idées étaient plus claires depuis que j'avais pénétré dans ce bois et je ne ressentais
pas encore de lassitude. Je n'étais cependant pas certain qu'il fût très raisonnable
d'éprouver un peu plus mon corps affaibli par les blessures. Il valait sans doute mieux
chercher un abri pour entamer au plus vite une bonne nuit de sommeil. Mais en
continuant à marcher un peu, je pouvais également tomber sur un refuge ou une cabane
capable de mieux me protéger du froid qu'un creux entre deux fougères.
Si Joan s'installe à proximité à la recherche d'un coin douillet,