Lecture des livres dont vous êtes le héros
7 Juillet 2014
A votre entrée dans la salle, toutes les conversations cessent brusquement, toutes les têtes se tournent dans votre direction. (Et des têtes sortant de l'ordinaire, car certaines appartiennent à des courtisans aussi séduisants que somptueusement vêtus, habitués de la cour du roi Arthur à Camelot.) Vous jetez un coup d'œil circulaire, la main sur le pommeau de votre épée...
... et vous constatez que vous venez de pénétrer dans ce qui doit être la Salle d'Audience officielle de cet étrange château. Un tapis rouge de haute laine court tout le long de la pièce, conduisant votre regard (et à l'occasion vos pieds selon toute probabilité) vers un dais sous lequel est disposé un imposant trône doré. Sur ce trône est assis un homme mince et basané entre deux âges, beau à sa façon comme le roi Arthur, mais avec une expression distante et renfrognée. Il se tourne vers vous, l'oeil triste, et vous fait signe d'approcher. Comme attiré par un aimant, vous vous retrouvez en train d'avancer malgré vous le long du tapis rouge jusqu'au pied du trône. Un homme à barbe grise, revêtu d'une robe dont le bonnet pointu porte l'insigne bien visible de Sorcier de Classe Internationale frappe alors le sol du bout de sa baguette d'où s'échappe une gerbe d'étincelles accompagnée d'une explosion assourdissante.
Comment diable sait-il votre nom ? Et qui est le Roi Pêcheur ? Et, au fait, qu'est-ce que vous fabriquez ici alors que vous devriez être en train de vous décarcasser pour sauver Avalon des griffes de la Légion des Morts ?
La Malédiction ? Quelle Malédiction ?
Un silence stupéfait plane dans la pièce.
Au revoir, Pip ! lance le Roi. Au revoir et adieu !
Eh ! dites donc, ne... criez-vous en direction de la silhouette qui s'efface.
Comprenant que si c'est bien joli d'avoir mis fin par inadvertance à une malédiction, vous n'en retirez cette fois guère de bénéfice. Mais peu importe. L'image du roi s'évanouit, le château lui-même tombe en poussière autour de vous, et vous vous retrouvez dans la clairière, au milieu de la forêt, avec quelques pierres éparses autour de vous comme seuls vestiges du château.
Quelle tuile ! marmonnez-vous, amer, à l'adresse d'EJ. Ils ont donc perdu tout sens de la gratitude en Avalon ?
Nous ne sommes pas en Avalon, vous rappelle E.J. avec humeur. Ils ont peut-être d'autres coutumes ici.
Sans relever sa réponse, vous vous tournez pour partir quand, soudain, un rayon de lumière dorée traversant la forêt illumine un minuscule coffret caché dans les herbes. Vous le ramassez tandis que le rayon s'éteint et vous vous apercevez que le couvercle est orné du même emblème que vous avez remarqué au dos du trône du Roi Pêcheur (réflexion faite, il rappelle un peu le signe astrologique des Poissons). Vous ouvrez le coffret avec précaution et vous êtes presque aveuglé par l'éclat d'un diamant aussi gros qu'un œuf de canard posé sur un coussin de velours. Sous la pierre précieuse se trouve un petit parchemin. Vite, vous vous en saisissez, vous le dépliez et vous lisez (pour une fois le texte n'est pas codé) :
« Brave guerrier,
Toi qui nous as délivré de la malédiction d'Ansalom, tu mérites le plus grand trésor de notre royaume. Ainsi, nous te faisons présent du Aventurine, un diamant d'une valeur inestimable et doué d'un grand pouvoir. Fais-en ce que tu veux. Si tu le vends, tu en obtiendras 100 000 000 de Pièces d'Or, la fortune la plus colossale jamais réunie par un aventurier de la Quête du Graal. Serre-le dans ta main droite et il anéantira aussitôt tous les adversaires que tu affronteras. Serre-le dans ta main gauche, et il te vaudra 20 POINTS DE VIE PERMANENTS, ce qui n'a encore jamais été gagné en Avalon. Mais si tu décides de le conserver pour le jour où tu rencontreras la Légion des Morts, tu découvriras qu'il peut exaucer ton vœu le plus ardent. Fais preuve de sagesse dans ton choix. Pip, et que les dieux soient avec toi ! »
Et c'est signé : « Regnum Piscator. »
Pjff! En voilà une histoire ! Après avoir décidé de ce que vous allez faire de Aventurine, faite un nouveau choix.