Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Juillet 2014
Vous trouvez Mme Packham en train de laver le pas de sa porte à grande eau. En vous entendant approcher, elle tourne la tête et écarte de la main une mèche grise, puis elle jette sa brosse dans le seau et se redresse pour vous saluer.
- Vous êtes de la police ou vous êtes encore un journaliste ? En tout cas, vous feriez mieux d'entrer. Je ne tiens pas à faire profiter les voisins de la conversation !
Mme Packham vous introduit dans un petit salon et elle vous fait asseoir dans un fauteuil au coin du feu.
- Les policiers m'ont traitée d'une façon horrible. Si vous saviez ! Les fausses accusations, les arrestations... J'aime autant vous dire qu'ils ont massacré ma réputation, au village. Et il n'y en a pas eu un seul pour s'excuser ! Désolée pour le désordre mais, vous voyez, je n'ai pas fini de ranger depuis la perquisition ! Que puis-je vous dire sur John ? Il a toujours été Jean-de-la-lune, et je me suis même demandé parfois s'il n'était pas un peu atteint. Mais, jusqu'à maintenant, il n'a jamais fait de mal à personne. Toutes ces questions de la police, ça a dû lui embrouiller la tête ! Vous vous rendez compte, aller accuser comme ça sa propre famille d'horreurs pareilles ! Après tout ce que j'ai fait pour lui ! Oui, c'est vrai, j'ai insisté pour que John ait ce poste au manoir. Je m'étais dit que ça lui ferait un travail stable et que ça l'aiderait à s'installer. Je pensais aussi que ses bonnes manières et sa politesse lui éviteraient d'avoir des ennuis avec cette vieille chouette de Mme Harrington. J'avais bien tort ! Elle ne ratait pas une occasion de lui faire un sermon. Et quand elle a su qu'il fréquentait Daisy Callow, elle a tout de suite essayé de mettre son grain de sel pour tout gâcher entre eux ! Elle a enquiquiné M. Harrington pour qu'il dénonce John et elle a exigé qu'il interdise à John de voir Daisy. Ce pauvre M. Harrington, Dieu ait son âme ! Sa femme l'obligeait toujours à faire plein de choses. Effectivement, John est passé prendre un verre ce soir-là, sur le coup de neuf heures. Je ne l'ai pas dit à la police parce que je savais que ça ferait à John encore des ennuis avec Mme Harrington. Et puis j'avais peur de me retrouver mêlée à l'affaire. Je me rends bien compte maintenant que c'était une erreur mais, à ce moment-là, aucun de nous ne comprenait l'importance des accusations portées contre John. Après tout, tout le monde sait bien que c'est un gars inoffensif qui n'irait même jamais rêver de meurtre, et encore moins en commettre un ! Ecoutez-moi bien. C'est cette Mme Harrington que la police devrait arrêter. C'est une vraie fouine, qui passe son temps à enquiquiner tout le monde. Elle aurait tué elle-même son mari que ça ne m'étonnerait pas !
Mme Packham s'interrompt pour lisser son tablier du revers de la main et jette un coup d'oeil par la fenêtre. Vous profitez de ce silence pour lui demander ce qui s'est passé après le départ de John.
- Après le départ de John, je suis partie chercher Richard, que j'ai trouvé au "Sanglier Bleu". Je lui ai dit d'aller aider son frère à chercher M. Harrington. Il est parti à la recherche de son frère mais il est vite rentré parce qu'il ne le voyait nulle part. Richard est un bon garçon. Il travaille dur à la scierie, mais je ne sais pas si M. Ashe va le garder, après cette histoire.
Vous demandez à Mme Packham ce qu'elle faisait pendant l'après-midi du 5 ainsi qu'en début de soirée.
- Je faisais mon ménage. Richard est venu prendre son thé vers six heures et demie. Il était allé sur le terrain communal avec un de ses amis, pour regarder les pièges qu'ils avaient mis le matin, et il a rapporté un beau lapin. Il a dit qu'Eric (Eric Bidwell, c'est le nom de son ami) en avait pris un aussi. Nous avons mangé le lapin en civet le lendemain. Il va falloir que je m'y remette, maintenant ! J'espère bien que votre enquête va prouver que nous sommes innocents, Richard et moi. Vous m'avez l'air sensé, vous, pas comme tous ces gens qui sautent aux conclusions et font du trot à tout le monde, sans trouver le meurtrier pour autant !
Si vous voulez visiter la scierie.