Lecture des livres dont vous êtes le héros
25 Juillet 2014
Après une fastidieuse matinée de mathématiques, de latin et de littérature (et sans nouvelles de Holmes), vous allez déjeuner. Au moment où vous prenez place à table, un cri strident retentit dans la cuisine et Mme MacClaran, la cuisinière, fait irruption dans le réfectoire, tremblant de tous ses membres.
- Un diable! vocifère-t-elle. Un diable peintuluré!
- De quoi pouvez-vous bien parler, Mme MacClaran ? demande M. Quigley, le professeur de latin.
- Du diable, pour sûr, m'sieur, répond-elle avec un accent écossais plus nasillard que jamais. Même qu'il est nu comme un ver! A moins qu'il ne s'agisse d'un MacDonough devenu fou qui serait revenu venger son clan. Il m'a semblé reconnaître leur tartan peint sur sa peau!
La pauvre femme s'évanouit. Lorsque vous courez à la cuisine avec M. Quigley, vous n'y trouvez qu'une fenêtre ouverte. Une boîte de conserve à disparu du placard aux provisions. C'est le moment que choisit ce crâneur de Furet pour régaler l'assistance de la romance qu'il a décidé de chanter au prochain spectacle d'amateurs: Un petit coin de paradis qui s'appelle maman. Elle est accueillie par une salve d'applaudissements ironiques qui se calment lorsque sir Richard Bingley fait son entrée et traverse majestueusement le réfectoire. De ses guêtres à ses lunettes d'or, il est l'incarnation même de l'élégance et de la respectabilité. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir les traits tirés, les yeux hagards et
les joues creuses de part et d'autre de son aristocratique profil romain. Sir Richard s'approche de votre table et fait signe à son fils de le suivre. Ils sortent ensemble du réfectoire.