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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Quand vous descendez de fiacre, vous trouvez un petit attroupement devant le 22, rue Welbeck. A en juger par les regards des badauds qui s'écartent pour vous laisser passer, vous faites l'objet d'une certaine curiosité; vous surprenez d'ailleurs une voix qui murmure: «Alors, y a-t-il du scandale dans l'air?» Sur la porte, une plaque de cuivre
terni, avec l'inscription:

W. Le Queux - Détective
Sur rendez-vous seulement

Tous les jours de 14 h à 17 h

Une femme âgée vous ouvre la porte et vous fait signe d'entrer. Comme vous vous avancez dans le vestibule, elle adresse quelques vertes réprimandes aux badauds avant de claquer la porte. Elle vous conduit ensuite au premier étage où William Le Queux, détective, vous reçoit dans son bureau. C'est un homme grand et mince, visiblement aussi excentrique dans ses goûts vestimentaires que dans le choix de ses domestiques. Il a les cheveux noirs, longs et raides, et arbore une moustache touffue et non peignée, assortie à ses sourcils broussailleux. Il est en bras de chemise et il a les pouces glissés dans les emmanchures d'un gilet rouge vif. Une chaîne de montre clinquante orne sa poitrine et il porte deux grosses chevalières à la main droite, tandis que le reste de son accoutrement se compose plus sobrement d'un pantalon de velours noir et de vieilles pantoufles en cuir verni. Le tout n'est pas sans évoquer le forain yankee, impression confirmée par l'accent américain avec lequel il s'exprime.

- Je vois que vous avez dû traverser la foule des badauds! J'en suis désolé, mais c'est à croire que d'un côté de l'Atlantique comme de l'autre, les gens sont aussi curieux, et qu'ils ont aussi peu de choses à faire! Asseyez-vous, je vous prie. Vous souhaitez me consulter à propos de l'affaire des' diamants Egremont, si j'ai bien compris?

Le Queux attrape un manteau de drap noir, à l'étiquette de Cardew et Deville, jeté sur un fauteuil de cuir, et l'accroche derrière la porte, puis il vous fait signe de vous asseoir tandis qu'il prend place dans le second fauteuil, identique, de l'autre côté du bureau.

- J'ai été contacté dans l'après-midi du 29 septembre. La seule preuve que j'ai pu trouver était sur le rebord de la fenêtre du bureau: la couche de crasse était partiellement balayée, comme si quelqu'un était passé par là, et il y avait l'empreinte presque parfaite d'une paume de main, tournée vers la rue. Mon hypothèse, qui est confirmée par la présence d'empreintes de pieds sur la corniche, est donc que le voleur est passé par le 4, Belgrave Square. J'en déduis que le vol a été commis quand les deux domestiques qui surveillaient le cabinet de travail en sont sortis, tôt le vendredi matin. Le cambrioleur a crocheté la serrure du coffre-fort puis celle de la cassette. Il n'avait plus ensuite qu'à empocher les diamants et retourner à la maison voisine par la corniche. Et, d'ailleurs, une vendeuse de fleurs dont l'emplacement est en face du 5, Belgrave Square dit avoir vu un homme sur la corniche. Le voleur était intelligent. Il a laissé la cassette, qui est lourde et encombrante, en pensant que lord Egremont la rapporterait à sa banque et ne découvrirait le vol que plus tard. Je n'ai pas pu développer davantage cette hypothèse, car lord Egremont a décidé de faire appel à la police officielle. En pareil cas, ma politique est de me retirer
de l'enquête. Cela ne m'a pourtant pas empêché de réfléchir entre-temps aux différents invités. Tolleshunt, Walker et Payne étant des personnalités londoniennes importantes, on peut les écarter tout de suite. Brindley est, à ce qu'on dit, heureux en affaires et Carter pratiquement infirme. Cela nous laisse Warburton qui, ai-je appris, manque un peu de mesure aux courses et aux cartes. Peut-être vit-il au-dessus de ses moyens, ce qui pourrait le pousser au crime. Il correspond également à la description de l'homme qui, d'après la police, s'est présenté chez le prêteur sur gages le vendredi matin. Je dois
reconnaître toutefois que Warburton n'a ni barbe ni moustache, à moins d'un postiche. N'étant plus chargé de l'enquête, je n'ai pas approfondi ces pistes. Peut-être vous seront-elles utiles? Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je m'en vais vous saluer car j'attends un client qui m'apporte, je crois, des nouvelles d'un scandale juteux.

Si vous vous occupez des dettes de jeu de Warburton.

Si vous voulez interroger la vendeuse de fleurs.

Si vous choisissez de faire surveiller Le Queux.

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