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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Prologue

Mme Chumley, votre gouvernante, entre dans le cabinet chargée d'un imperméable noir, d'un chapeau haut de forme et d'une élégante canne. Elle tient la porte pour laisser passer un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux châtains et soigneusement peignés, au maintien presque militaire, visage rasé de près, regard franc et ouvert, tout cela dénotant le parfait gentleman anglais.

- Je suis lord Egremont, déclare votre visiteur. Vous avez certainement reçu le télégramme que je vous ai envoyé ce matin? Bien. Je vais donc vous faire tout de suite le récit de cet étonnant vol. Les faits, tels que je m'en souviens, sont les suivants" Jeudi dernier, le 28 septembre, je me suis rendu à ma banque, la banque Coxan, et j'ai retiré du coffre un bijou de famille, la parure de diamants Egremont. Nous recevions à dîner ce soir-là et ma femme a mis les diamants, que nos hôtes n'ont pas manqué d'admirer. Plus tard, vers onze heures, ma femme, le maître d'hôtel, un valet et moi-même nous sommes réunis dans le cabinet de travail, situé au troisième étage. Lady Egremont a enlevé la rivière et les pendants d'oreilles, les a déposés dans sa cassette moghole et l'a fermée à clef. J'ai alors mis la cassette en sécurité dans le coffre-fort puis j'ai quitté la pièce avec ma femme, laissant le maître d'hôtel et le valet monter la garde. La clef du coffre était avec moi et celle de la cassette avec mon épouse. Le maître d'hôtel et moi avions tous deux des clefs du bureau. J'avais donné comme instructions au maître d'hôtel et au valet de rester dans le bureau jusqu'au lever du jour, puis de fermer la pièce à clef et d'aller prendre leur petit déjeuner, et je crois qu'ils ont rempli leur tâche consciencieusement.

Vendredi, je me suis levé à sept heures et je suis descendu pour le petit déjeuner peu après. En passant devant le bureau, j'ai vérifié que la porte était bien fermée. Après le petit déjeuner, il était environ huit heures et demie, je suis monté au cabinet de travail, j'ai ouvert la porte, j'ai retiré la cassette du coffre et je l'ai posée sur mon bureau. Je comptais
dire au revoir à mon épouse, qui est d'habitude dans son vestiaire à cette heure-ci, avant de rapporter les diamants dans le coffre-fort de Coxan. Le vestiaire est juste au bout du couloir de mon cabinet de travail mais, en chemin, j'ai croisé le révérend Payne, un de nos invités qui était resté pour la nuit. J'ai donc dû l'accompagner en bas et lui dire au revoir.

Quand je suis remonté au troisième, il n'y avait personne au vestiaire et, pour finir, j'ai trouvé ma femme dans le salon du matin, au premier étage. Lady Egremont exprima le désir de jeter un dernier coup d'œil à la rivière avant qu'elle ne reparte pour la chambre forte. Nous sommes donc montés à mon cabinet de travail, où nous avons trouvé la cassette là où je l'avais laissée dix minutes plus tôt. Mon épouse a alors déclaré qu'elle ne trouvait plus la clef de la cassette: elle n'était plus dans son sac. Elle s'est alors mise à chercher frénétiquement tandis que je montais la garde sur le pas de la porte du bureau, d'où j'ai pu prendre congé de notre second hôte à avoir passé la nuit chez nous, William Brindley, qui descendait à ce moment-là. Finalement, la bonne a trouvé la clef et ma femme a ouvert la cassette. Imaginez le choc que nous avons eu en la trouvant vide! Ma femme était d'avis de consulter Le Queux, le détective alors à la mode, tandis que j'inclinais davantage pour la police officielle. Ma femme l'a emporté en arguant que Le Queux refuserait de s'occuper de l'affaire si la police était alertée avant lui. Malgré mes réticences, j'ai donc convoqué le « limier cérébral ».

Nous avons laissé la cassette sur mon bureau et nous sommes sortis de la pièce en fermant à clef. J'ai alors suspendu les activités domestiques habituelles. et j'ai donné ordre à tout le monde, y compris mon beau-frère, de rester à l'intérieur de la maison jusqu'à l'arrivée du détective. Ma directive a été appliquée mais elle s'est révélée des plus
contraignantes. En effet, Le Queux ne reçoit que l'après-midi, sans doute pour stimuler la demande, et nous avons donc dû attendre jusqu'à trois heures et demie.

Quand il est arrivé, j'ai été choqué par son aspect négligé et par ses manières. Il a commencé par poser son imperméable crotté sur mon bureau ainsi qu'un petit sac de voyage, non moins sale:

Puis il s'est livré à un examen minutieux du cabinet de travail, du coffre-fort et de la cassette. Ensuite, il interrogé le maître d'hôtel, le valet, mon épouse et oi. Enfin, il a passé une demi-heure seul dans on bureau à méditer sur le problème, tout en
:umant un de mes meilleurs cigares et en buvant un verre de sherry au passage. Après cela, il a déclaré que l'affaire l'intéressait, qu'elle n'était guère compliquée et qu'il fournirait une explication le lendemain matin. Vous pouvez imaginer la sale nuit que nous avons passée, dans l'angoisse et l'attente !

Mais à neuf heures, samedi matin, un messager s'est effectivement présenté de la part de Le Queux. Ce dernier faisait dire qu'un cambrioleur s'était introduit en rampant le long de la corniche qui orne les façades depuis la maison voisine, le 4, Belgrave Square, qui est inoccupée, et qu'il était entré dans mon cabinet de travail par la fenêtre. Le voleur aurait alors crocheté la serrure du coffre-fort, aurait sorti la cassette dont il aurait également crocheté la serrure, et pris les diamants Egremont. Ensuite, il aurait soigneusement refermé à clef cassette et coffre-fort avant de s'en aller par le même chemin. Il aurait accompli son forfait entre six heures et demie et huit heures et demie vendredi, période
durant laquelle le bureau était fermé à clef mais où il n'y avait personne à l'intérieur. Trouvant cette explication ridicule, j'ai aussitôt appelé la police. L'inspecteur Morley, de Scotland Yard, a mené l'enquête et, à ma grande surprise, il a confirmé l'hypothèse de Le Queux. Il m'a montré des traces de pas sur le rebord de la fenêtre et m'a appris qu'un homme qui se disait officier à la retraite avait visité la villa voisine, le 4, Belgrave Square, le
jeudi soir. Le visiteur a eu libre accès à la maison et, fait révélateur, le gardien ne l'a pas vu sortir. La police déduit donc qu'il a passé la nuit dans la villa pour accomplir son forfait au petit matin.

Les explications, c'est une chose, mais récupérer mon bien paraît une autre affaire! La police assure qu'elle continue les recherches, mais je ne suis pas prêt à me tourner les pouces pendant qu'un voyou file avec mes bijoux, diantre bleu! J'ai contacté mon assurance, la Compagnie impériale d'Assurances mutuelles et j'ai soumis une demande d'indemnité de vingt-cinq mille livres mais, ce que je souhaite vraiment, c'est retrouver mes diamants. Je vous demande maintenant de mener votre propre enquête. Peut-être parviendrez-vous à découvrir avant la police qui a volé les diamants, comment il a procédé et quel était son mobile.

Rendez-vous maintenant à votre répertoire pour choisir l'Indice avec lequel vous allez débuter votre enquête.

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