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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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367

- Sally Barnes ! Et qu'est-ce qu'un beau monsieur comme vous pourrait vouloir à Sally ?

Vous ouvrez la bouche pour répondre, mais elle ne vous en laisse pas le temps:

- Aucune importance. De toute façon, je veux pas le savoir. Cette fille-là, c'est qu'une source d'ennuis. Je l'avais dit à Teddy dès le départ. Je les ai tous prévenus.

Elle se met à marmonner entre ses dents, puis tourne brusquement les yeux vers vous comme si elle venait de se rappeler votre existence.

- Sally est au premier, si vous tenez vraiment à la voir. Par là, dit-elle en désignant l'escalier situé au fond de la salle. Première porte à droite dans le corridor.

Vous montez les marches, vous trouvez la porte et vous frappez.

- Helen ? crie une voix derrière le panneau. C'est toi ?

La voix est bien modulée, mélodieuse. Vous commencez à vous demander à quoi peut bien ressembler Sally.

- Ce n'est pas Helen, répondez-vous. Je m'appelle Richard Huntington, et je dois vous entretenir d'une affaire confidentielle, mademoiselle. Pourriez-vous m'ouvrir et sortir un instant dans le couloir ?

La porte s'ouvre. Vous apercevez une silhouette de femme qui se profile sur le cadre lumineux de la fenêtre située de l'autre côté de la pièce, et puis vos yeux s'accommodent et vous distinguez son visage. Elle est toute jeune, pas plus d'une vingtaine d'années, avec des traits assez quelconques, à l'exception de sa chevelure qui cascade en lourdes boucles d'or sur le sommet de sa tête. Elle vous scrute un instant d'un regard inquisiteur avant d'ouvrir la porte toute grande.

- Entrez, monsieur, dit-elle. Cela ne vous froissera pas si je laisse la porte ouverte, je suppose ?

- Nullement, répondez-vous avec ce que vous espérez être un sourire désarmant, avant d'adopter une expression plus sérieuse. La question qui m'amène est des plus délicates, mademoiselle. J'aimerais vous poser quelques questions sur un gentleman de vos relations, un soldat du nom de Thomas McNeal.

- Un gentleman? dit-elle avec un petit rire en secouant la tête. C'est sûrement la première fois qu'on le traite de gentleman. Mais je le connais, en effet. Allez-y. Il a commis un délit quelconque ?

- Je ne crois pas qu'il soit accusé de quoi que ce soit, mademoiselle, temporisez-vous. Je voudrais avoir quelques renseignements sur lui. A-t-il des amis ? Quelles sont ses habitudes ? Où passe-t-il son temps quand il n'est pas à la caserne ?

- Vous êtes de la police, monsieur ? demande-t-elle.

- Non, mademoiselle, je ne suis pas de la police, répondez-vous. Mais je ne serais pas surpris que la police vienne vous poser les mêmes questions dans un jour ou deux.

- Vous ne pouvez pas me dire la raison pour laquelle vous les posez, ces questions ?

En écoutant parler la jeune femme, vous commencez à vous demander ce qu'une personne aussi manifestement bien éduquée fait dans un endroit aussi sordide.

- Je suis désolé, mademoiselle Barnes, mais je n'ai pas le droit de vous le dire pour l'instant. Vous voulez bien me répondre ?

Elle hausse les épaules :

- Je pense qu'il n'y a pas de mal à ça. Qu'est-ce que vous voulez savoir ?

- Avez-vous remarqué quelque chose d'anormal dans son comportement, ces derniers temps ?

- C'est drôle que vous me demandiez ça, répond-elle pensivement. Il m'a déclaré que, d'ici huit jours, sa fortune serait faite.

Elle vous regarde d'un air de défi.

- Il voulait m'épouser, figurez-vous.

- Il vous a dit où il comptait se procurer cet argent ?

- Non, monsieur, il ne me l'a pas dit. Et comme je ne pensais pas qu'il parlait sérieusement, je ne le lui ai pas demandé.

Vous continuez à l'interroger, mais il est évident qu'elle n'a rien de plus à vous apprendre. «Elle mérite mieux que cela », songez-vous.

- N'allez surtout pas vous imaginer que c'est un tragique concours de circonstances qui m'a amenée à Spitalfields, monsieur, reprend-elle. Ici, je suis chez moi, parmi les miens, même si vous êtes convaincu du contraire, déclare-t-elle d'un ton devenu tranchant. C'est mon milieu. Je l'ai choisi et il m'a adoptée. Nous sommes parfaitement assortis l'un à l'autre, vous comprenez. Et maintenant, allez-vous-en, je vous prie.

Vous sentez les petits cheveux de votre nuque se hérisser et vous n'êtes que trop content d'obéir. Aussi désagréable qu'il vous soit de l'admettre, la vieille femme du pub avait probablement raison.


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De 2 à 10

11 ou 12

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