Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Juin 2015
Vous remarquez un petit groupe de guerriers serrés les uns contre les autres dans un coin de l'enclos, à l'écart des autres prisonniers. Sur la poitrine de leurs manteaux sales et déchirés, vous pouvez distinguer un emblème qui représente une couronne surmontant les armoiries de Vadera. A n'en pas douter, ces hommes appartiennent à la Garde Impériale de Vadera, l'un des plus prestigieux régiments Lenciens. Vous utilisez vos Grandes Disciplines Kaï pour échapper aux regards des Drakkarims, vous vous approchez du grillage du camp pour tenter d'attirer discrètement leur attention. L'un d'eux, portant un uniforme loqueteux de Capitaine, vous aperçoit et vous toise d'un air peu amène. Vous lui faites signe de venir d'un geste insistant et il finit par s'approcher du grillage en rampant. « Vous n'êtes ni un Drakkarim ni un Lencien. Qui diable êtes-vous donc et que voulez-vous ? vous souffle-t-il entre ses lèvres bleuies par le froid et la faim. Est-ce que ça ne serait pas un nouveau piège pour nous tourmenter encore un peu plus ? » « Je vous jure que ce n'est pas un piège, murmurez-vous. Je suis un allié au service de votre Roi. Je veux vous aider à vous échapper, vous et vos hommes. » Après vous avoir dévisagé un moment de ses yeux gris acier, il finit par hocher la tête avant de lâcher d'une voix emplie de désespoir : « Vous arrivez trop tard... Nous sommes tous bien trop faibles pour tenter quoi que ce soit. Certains des nôtres ont voulu tenter leur chance, et ils ont fini dans la gueule des Chiens. Non, ce serait un suicide... Sauvez plutôt votre peau, étranger, et oubliez-nous. » « Mais si vous restez ici, vous êtes sûrs de mourir de faim, sacrebleu ! rétorquez-vous. Ne vaut-il donc pas mieux périr en combattant que de se laisser mourir à petit feu ? La garnison n'est pas nombreuse, elle doit compter à peine quarante Drakkarims. Je peux facilement faire une diversion pour éloigner les gardes et leurs Chiens. Vos hommes sont peut-être affaiblis, mais ils sont cinq fois plus nombreux que l'ennemi ! Au nom d'Ishir, avez-vous donc perdu toute volonté de vivre ? » Sans un mot, le Capitaine Lencien tourne la tête pour contempler ses compagnons faméliques d'un air pensif. Puis il se retourne vers vous, et vous voyez une mince et nouvelle lueur d'espoir scintiller dans ses yeux. «Tous ces hommes n'ont rien mangé depuis une semaine et les blessés n'ont reçu aucun soin. Beaucoup sont morts, et beaucoup vont mourir bientôt. Je crains que nous ne soyons trop faibles pour affronter un ennemi dont l'estomac est bien rempli et la main armée d'une solide épée. Pourtant... si nous avions des armes... » « Si vous faites ce que je vous dis, vous aurez assez d'armes pour vous emparer de la ville ! » répliquez-vous avec ardeur. Le Lencien baisse la tête en plissant les yeux et, pendant un instant, vous voyez l'ombre d'un sourire se dessiner sur ses lèvres craquelées par le froid. Quand il ouvre à nouveau la bouche, il déclare d'une voix ferme : « C'est d'accord, étranger. Expliquez-moi votre plan. »