Lecture des livres dont vous êtes le héros
22 Juillet 2015
Vous êtes le Grand Maître Loup Solitaire, dernier des Seigneurs Kaï du Sommerlund et unique survivant du massacre qui causa l'anéantissement du Premier Ordre de votre caste de guerriers d'élite. Nous voici en l'an 5080 après la création de la Pierre de Lune. Trente années se sont écoulées depuis que vos frères d'armes ont péri sous les mains traîtresses des Seigneurs des Ténèbres d'Helgedad. Dans l'intervalle, ces champions du mal envoyés par Naar, le Roi des Ténèbres, pour dévaster les fertiles contrées du Magnamund, ont eux-mêmes été anéantis. Vous aviez fait le serment de venger la mort de vos frères Kaï et vous avez tenu parole : n'hésitant pas à vous infiltrer, seul, au cœur même de leur sombre royaume, vous avez provoqué la chute des Seigneurs des Ténèbres en abattant Gnaag, leur chef, et en détruisant le siège de leur pouvoir maléfique : la cité infernale d'Helgedad. A la suite de la défaite des Seigneurs des Ténèbres, l'anarchie s'empara des différentes factions de leur immense armée, dont seule la perspective de conquérir tout le Magnamund septentrional avait maintenu la cohésion. Certaines unités - et notamment celles des barbares Drakkarims - commencèrent à se dresser les unes contre les autres dans l'espoir de s'approprier le pouvoir. La confusion qui s'ensuivit dégénéra en une guerre intestine féroce et totale qui donna le temps aux pays libres de reconstituer leurs forces avant de lancer une contre-offensive générale. Les commandants des armées libres surent exploiter avec habileté le désordre et les divisions du camp adverse pour s'assurer une victoire rapide et complète sur un ennemi pourtant bien supérieur en nombre.
La paix règne depuis dix ans sur le Sommerlund. Le monastère Kaï, qui n'était plus qu'un amas de ruines, a été entièrement restauré selon vos directives. Il a retrouvé son ancienne splendeur et vous avez entrepris de constituer un Second Ordre de guerriers Kaï afin que se perpétuent l'art, le savoir et les nobles traditions de vos ancêtres, tâche qui est, elle aussi, en bonne voie. Votre victoire personnelle et votre ascension au rang de Grand Maître Kaï devaient, bien entendu, vous apporter d'immenses satisfactions. Mais si les unes, comme la renaissance du Kaï et la gratitude éternelle de vos compatriotes, étaient fort prévisibles, il en est d'autres que vous n'aviez même pas pu imaginer. Ainsi, vous avez découvert en vous-même un potentiel qui vous permet d'améliorer les disciplines Magnakaï que vous pensiez pourtant maîtriser dans leur plénitude, et de dépasser ce qui, jusqu'alors, semblait être le niveau absolu de maîtrise auquel pouvait aspirer un Maître Kaï. A la suite de cette révélation, vous avez décidé de vous lancer dans la quête d'une sagesse et d'un pouvoir qu'aucun autre Seigneur Kaï n'a jamais possédés avant vous. Au nom de votre créateur, le dieu Kaï, et pour la plus grande gloire du Sommerlund et de la déesse Ishir, vous avez fait le serment d'atteindre l'ultime perfection du pouvoir Magnakaï en devenant le premier Grand Maître Suprême.
Vous avez mené à bien la restauration du monastère Kaï et la formation pratique et spirituelle du Second Ordre Kaï. Vos efforts ont été vite récompensés, car vos recrues n'ont pas eu besoin de plus de deux ans pour franchir avec éclat les étapes conduisant au rang de Maître Kai et assurer à leur tour la formation d'un nouveau contingent de novices. Au cours de cette période, vous avez également accru vos connaissances dans les domaines de la magie et de la chimie grâce aux conseils avisés de vos deux fidèles amis : le Maître de Guilde Banedon, chef de la Confrérie de l'Étoile de Cristal, et le seigneur Rimoah, chef du Conseil Suprême des Anciens Mages. Au plus profond des souterrains du monastère, quelque quarante mètres sous la base de la Tour du Soleil, vous avez fait creuser une vaste cave voûtée. Dans cette somptueuse chambre aux murs de granit ouvrés d'or, vous avez déposé les sept Pierres de la Sagesse de Nyxator, les gemmes renfermant l'essence même du pouvoir Kaï que vous avez inlassablement recherchées et rassemblées au prix de mille dangers au cours de votre quête du Magnakaï. Vous avez passé d'innombrables heures à poursuivre votre quête de perfection dans cette magnifique crypte, baignée par les radiations bienfaisantes des Pierres de la Sagesse. Parfois seul, parfois en compagnie de vos deux sages conseillers, Banedon et Rimoah, vous avez consacré toute votre énergie à développer le potentiel inné de vos Grandes Disciplines Kaï et à assimiler les secrets fondamentaux de la Magie Noire et de la Magie de l'Ancien Royaume. Au cours de cette période, votre corps a subi de singulières modifications ; vous êtes devenu physiquement et mentalement plus fort, l'acuité de vos cinq sens s'est accrue jusqu'à un niveau que vous n'aviez encore jamais connu et, plus remarquable encore, le vieillissement de votre organisme a commencé à se ralentir. Désormais, lorsque cinq années s'écouleront, vous ne vieillirez que d'un an. Depuis la chute d'Helgedad, la paix règne dans tous les autres États du Magnamund septentrional et les peuples des Royaumes Libres peuvent se réjouir de savoir qu'ils sont à jamais délivrés de la menace des Seigneurs des Ténèbres. Les hommes ont volontiers troqué leur épée pour la houe et leur bouclier pour la charrue et, s'ils font encore de longues marches, c'est pour suivre les sillons de leurs champs fraîchement labourés. Dans ce climat serein, rares sont ceux qui gardent un œil sur l'horizon dans la crainte de voir surgir quelque nouveau péril. Certains, pourtant, ne relâchent pas leur vigilance car tout danger n'est pas encore écarté : les séides de Naar peuvent s'infiltrer dans le monde libre de bien des façons et sous de multiples déguisements, et nombre d'entre eux attendent dans l'ombre le moment opportun pour mettre leurs projets maléfiques à exécution. Vous avez déjà pu tester vos nouveaux pouvoirs face aux agents de Naar et, à chacune de ces occasions, ils ont prouvé leur admirable efficacité. Mais cette insolente succession de victoires remportées sur ces créatures n'a cessé d'exciter la rage du dieu des Ténèbres et son inextinguible soif de vengeance. Il y a trois ans, vous avez remporté une victoire éclatante sur une horde de terribles Monstres de Lave avec vos nouveaux disciples Kaï. Ces abominables créatures ailées avaient été envoyées par Naar pour détruire le monastère Kaï et mettre le Sommerlund à feu et à sang mais, en dépit de leur force surnaturelle, ils avaient été terrassés par le courage et le talent guerrier exceptionnels du Second Ordre Kaï qui avait combattu avec ardeur sous votre commandement. Après la cuisante défaite de ses séides, Naar se retrancha derrière la Porte d'Ombre pour y tramer quelque nouveau plan maléfique. La victoire au monastère vous avait valu une trêve dans la guerre que mène le Dieu des Ténèbres contre le Sommerlund et le Kaï, et les trois années qui suivirent furent des années paisibles pour votre patrie. Dans d'autres pays du Magnamund, en revanche, les agents de Naar poursuivaient leur insidieuse tâche. A plusieurs reprises, des dirigeants de royaumes étrangers vous ont envoyé des ambassadeurs pour faire appel à vos talents spéciaux car ils désespéraient de parvenir à se débarrasser des créatures de Naar. Avec courage, vous avez accepté nombre de ces dangereuses missions et, triomphant là où aucun autre mortel n'aurait pu le faire, vous avez gagné de nouveaux titres de gloire pour vous et pour le Kaï. Pendant l'été 5080, au cours de la traversée qui vous ramenait du lointain Dessi où vous aviez accompli une mission avec succès, votre trois-mâts, victime d'un acte de sabotage, faillit couler. Lorsque le navire endommagé atteignit enfin, deux semaines plus tard, Anskaven, son port d'attache, l'accueil qu'on vous a réservé fut peu chaleureux. Les marins de ce port très actif, d'habitude joyeux et expansifs, arboraient un air étrangement morose. Tous vous reconnaissaient mais personne ne vous a acclamé lorsque vous êtes descendu à quai, et il se dégageait de la foule une silencieuse hostilité. Avant que vous ayez pu comprendre les raisons d'une telle attitude, des bruits de cavalcade brisèrent ce pénible silence ; une troupe de cavaliers en armure déboulait sur le quai au grand galop, brandissant des épées étincelantes. La foule se dispersa pour les laisser passer et les cavaliers vous encerclèrent. Leur chef, un jeune lieutenant nerveux dont la veste portait l'aigle noir et les trois cœurs du blason d'Avan Caldar, baron d'Askaven, vous somma d'une voix cassante de déposer vos armes. Ne voulant pas provoquer ces soldats, vous lui avez obéi et vous avez laissé ses hommes vous escorter jusqu'au château du baron Caldar où, vous en étiez certain, ils seraient vertement tancés pour leur honteuse erreur. Le baron Caldar vous reçoit selon les convenances dans la Grande Salle de son château. Vous vous étiez déjà rencontrés à maintes reprises à la cour du roi Ulnar à Holmgard, pour diverses affaires d'Etat, et vous vous teniez mutuellement en haute estime. Or, Caldar, flanqué d'une douzaine de gardes du corps armés, ne parvient pas à dissimuler son mépris envers vous. Il vous parle comme si vous étiez un criminel honni et, lorsque vous lui demandez pourquoi on vous traitait ainsi, il est demeuré sourd à toutes vos questions. Sans vous accorder la moindre explication, il ordonne qu'on vous jette aussitôt dans les geôles du donjon et qu'on vous mette les fers. Plus tard, ce soir-là, vous avez recouru à vos Disciplines mentales Kaï pour desceller les lèvres d'un gardien qui s'obstinait à garder le silence et vous avez découvert les raisons de votre disgrâce. - Vous êtes arrivé à Anskaven en bateau il y a dix-huit jours, comme convenu, raconte le geôlier, répondant à vos ordres psychiques. Le baron Caldar est venu vous accueillir en personne sur le quai et il vous a donné un cheval ainsi que six de ses meilleurs soldats pour vous escorter jusqu'à Toran. En chemin vers la ville vous avez, dit-on, tué ses hommes et brûlé leurs corps. Et, lorsque vous êtes arrivé à Toran, vous avez tenté d'assassiner Banedon, le Maître de Guilde de la Confrérie de l'Étoile de Cristal. Banedon a survécu, mais vous avez presque entièrement détruit le palais de la Guilde. Pire encore, pour couvrir votre fuite, vous avez empoisonné l'eau des puits de la ville, provoquant ainsi des centaines de morts. On a d'abord pensé qu'un Heighast avait pris votre apparence pour avoir accès au palais de la Guilde, mais Banedon a réfuté ces dires. Il est convaincu que vous êtes possédé par l'esprit de Naar, aussi a-t-il envoyé la milice de Toran répandre cette nouvelle dans tout le Sommerlund. Quelques jours plus tard, dans le village de Durnfallow qui se trouve dans la forêt de Tyso, le comte de Durnfallow a été assassiné et son manoir réduit en cendres. Les villageois diront qu'ils vous avaient vu vous éloigner à cheval des ruines encore fumantes, hurlant à la mort comme un loup enragé. Le peuple est terrorisé à la pensée que Naar est parvenu à vous corrompre, vous, son plus grand héros, et à vous dresser contre les vôtres.
Il a peur et réclame que justice soit faite au plus vite. Le roi Ulnar s'est incliné devant sa volonté ; il a dépêché tous ses gardes-frontières à Tyso, avec ordre de vous chercher et de vous abattre à vue. C'est un coup terrible, pour vous, de découvrir tous ces crimes qu'on vous impute. Vous êtes certain que c'est l'œuvre d'un des agents de Naar et vous décidez de trouver cet imposteur dès que possible et de le vaincre. « Cependant, songez-vous en promenant le regard sur les murs suintants de votre cachot, vous pouvez seulement prier Ishir et Kaï que le Baron et ses gardes vous croient et acceptent de vous donner une chance de laver votre honneur. »