Lecture des livres dont vous êtes le héros
29 Août 2015
Vous recourez en toute hâte à votre maîtrise Kaï, faisant surgir de nulle part une masse de brouillard opaque qui vous engloutit avec votre monture. Abasourdis autant qu'effrayés par l'étrange phénomène, les Eldenoriens refluent dans la plus grande confusion devant les volutes de vapeur surnaturelle, vous laissant assez d'espace pour faire vol ter votre cheval et le lancer au triple galop dans la ruelle la plus proche. Tandis que vous foncez à bride abattue le long de cette voie déserte, un coup d'œil par-dessus votre épaule vous apprend que le brouillard s'est déjà dissipé et que les prévôts se sont lancés à vos trousses. Vous poussez votre destrier de plus belle, mais pas pour longtemps : après un tournant à angle droit, la ruelle s'achève en cul-de-sac ! Freinant des quatre fers, vous vous immobilisez face à une maison de trois étages ornée d'un balcon qui surplombe un portail d'écurie à double battant. Par chance, la serrure du portail est hors d'usage et il vous suffit de tirer sur un battant pour l'ouvrir et faire pénétrer votre monture dans la pénombre qui règne à l'intérieur de l'édifice. Puis, vous mettez vivement pied à terre pour refermer le portail et l'assujettir avec le manche d'un marteau qui traînait sur le sol jonché de paille. Quelques instants plus tard, vous entendez résonner sur le pavé les bottes de vos poursuivants déboulant au pas de course à l'angle de la ruelle, puis la grosse voix du sergent ordonnant d'inspecter les entrées de toutes les maisons qui donnent sur le cul-de-sac. Retenant votre souffle, vous écoutez deux soldats approcher du portail de l'écurie et appuyer sur ses battants avec le manche de leur lance. Les portes grincent, craquent et bougent de quelques centimètres, mais leur résistance suffit à convaincre les deux prévôts qu'elles sont verrouillées de l'intérieur et ils s'éloignent pour aller inspecter la maison suivante. Au bout de quelques minutes, vous entendez la patrouille quitter la place et vous poussez un profond soupir de soulagement... quand une lumière jaune surgit soudain dans l'obscurité derrière vous ! Vous vous retournez d'un bond, pour voir se découper la silhouette chétive d'une vieille femme dans l'encadrement d'une porte, au sommet d'une courte volée de marches. Elle tient une lanterne d'une main et un couteau à découper de l'autre.
- Vous n'avez rien à faire ici, chevrote-t-elle d'une voix étouffée par la peur. Allez-vous en... je... je vous en prie, sortez de chez moi !